Emploi : l'alerte du Conseil économique, social et environnemental sur l'impact des canicules sur la vie des travailleurs

Le Cese rend mardi 25 avril un avis sur "les défis à relever" au travail face aux dérèglements climatiques. Plusieurs préconisations y sont faites.
Article rédigé par Philippe Duport
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Un travailleur boit sous un soleil caniculaire, à Savernay (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) rend mardi 25 avril un avis sur "les défis à relever" au travail face aux dérèglements climatiques. Un avis de 132 pages qui dit tout simplement que l’on ne s’est pas encore posé la question des conséquences des canicules, des températures extrêmes, sur les travailleurs et qui fait quelques recommandations.

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Par exemple, il est demandé que, dans le bâtiment et les travaux publics, soit intégrée par voie réglementaire, après une négociation entre les partenaires sociaux, une température maximale qui interdirait que l’on travaille au-delà de ce seuil, et qui déclencherait un dispositif de chômage, sur le modèle de ce qui existe en cas d’intempérie. Il faudrait, dit le Cese, que cette valeur maximale soit étendue, toujours à travers le dialogue social, à d’autres activités, y compris dans la Fonction publique.

Sept morts dûs à la canicule au travail en 2022

C’est aussi dans chaque entreprise que cette discussion doit avoir lieu. Jean-François Naton, le rapporteur de cet avis, demande ainsi qu’il y ait un dialogue social dans les entreprises, avec l’aide de service de santé au travail, et que cette température soit intégrée, selon les tâches, selon les individus, au Document unique d’évaluation et de prévention des risques, le Duerp. Les aides publiques pourraient être conditionnées à l’établissement de ce plan "canicule".

Le Cese demande aussi qu’on s’intéresse davantage aux risques pour la santé des températures extrêmes. Pour Jean-François Naton, 2022 a été un électrochoc et le rapporteur explique que Santé Publique France a dénombré sept morts dûs à la canicule au travail. Mais il estime qu’il y en a beaucoup plus et qu’on ne prend pas assez en compte les malaises dûs à la chaleur au travail : "Il y a une conscientisation de cette question à entreprendre."

Autre recommandation du Cese : que l’on s’intéresse aux effets de la chaleur sur les solvants. Certains travailleurs dans le bâtiment sont en contact avec les solvants, or, ajoute Jean-François Naton, on ne connaît pas les effets de températures de 40°C ou de 50°C sur ces solvants. Il redoute un effet cocktail très dangereux pour les travailleurs qui y sont exposés. Il faut, dit-il, que des travaux de recherche soient menés d’urgence sur ces questions.

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