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"Désunie, la gauche ne pèsera rien" aux européennes, alerte Raphaël Glucksmann

L'essayiste, via son mouvement Place publique, appelle les différents courants de gauche qui partagent une même vision de l'Europe et de l'écologie à se rapprocher. Il annonce le lancement d'une campagne pour les élections européennes, mais pas forcément derrière son nom.

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(FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Raphaël Glucksmann dénonce la multiplicité des listes de gauche pour les élections européennes en mai 2019 et prône une union des mouvements et partis de gauche pour qu'ils puissent peser. 

Le premier meeting de la campagne de Place publique se déroulera ce mardi, à l'Elysée Montmartre, à Paris. "Il faut mettre les logiques d'appareil et d'ego de côté et voir si sur le fond on peut avoir une plateforme commune", affirme Raphaël Glucksmann. Si son nom pose problème, il promet de ne pas porter la liste.

"Pas d'immunité française" face au populisme

Le parti socialiste, Génération-s, les écologistes et le Parti communiste proposent pour l'instant des listes séparées"Ces quatre listes qui vont répéter la même chose vont aller séparées devant les électeurs, et les électeurs qui se reconnaissent dans ces valeurs ne comprennent pas pourquoi", réagit le philosophe. Divisée, c'est "bien sûr" la mort de la gauche qui s'annonce, analyse l'essayiste. 

Il y a une offre libérale pro-européenne qui est celle de Macron, il y a une offre de la droite nationaliste, il y a une offre de la gauche eurosceptique qui est celle de Mélenchon. Il faut qu'il y ait une offre pro-européenne de gauche et écologiste, c'est ça la logique.

Raphaël Glucksmann

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Le fondateur de Place publique craint de voir disparaître la gauche modérée de l'échiquier politique, comme dans d'autres pays européens : "Vous voyez ce que fait Emmanuel Macron au pouvoir, vous voyez ce qu'est en train de devenir La France insoumise et vous hallucinez sur la faiblesse de l'offre politique entre les deux", s'insurge Raphaël Glucksmann.

La France divisée en trois

Pour l'essayiste, la politique d'Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Elysée ne tient pas compte de la situation du pays. "Il y a au moins trois France : la France des métropoles qui va bien et profite de la mondialisation, la France péri-urbaine des "gilets jaunes" et il y a aussi la France qu'on n'entend pas, la France des banlieues qui se situe géographiquement entre les deux autres", analyse Raphaël Glucksmann. Pour lui, la situation ne découle pas seulement d'"un an et demi de mandat et des petites phrases, c'est 30 ans d'acceptation par les puissances publiques d'une société qui se désagrège"

Quand on hérite d'une France à ce point fracturée, on ne commence pas son mandat par supprimer partiellement l'ISF tout en diminuant les APL.

Raphaël Glucksmann

sur franceinfo

Emmanuel Macron "a hérité d'un baril de poudre et il s'est amusé avec des allumettes", explique le fondateur de Place publique. Dans ce contexte, il salue la volonté d'un grand débat national mais prévient : "il faut faire attention à ne pas transformer ce débat national en one-man show parce que justement, c'est ce qui hérisse la France".

Des violences policières "systémiques"

Raphaël Glucksmann dénonce l'utilisation d'armes par les forces de l'ordre contre les "gilets jaunes", notamment sur Jérôme Rodrigues, figure du mouvement, blessé à l'oeil samedi"Il y a un problème systémique. En règle générale, on ne tire pas sur des gens qui ne sont pas du tout violents. Là, ça se voit parce qu'il était en train de filmer. Il n'y a pas de situation de violence extrême qui justifie une telle action", explique le philosophe. 

Revoir l'interview en intégralité : 

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