Affaire McKinsey, constitutionnalisation de l'IVG, Affaire Quatennens, loi anti-squat… Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Aurore Bergé

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La présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale était l'invitée du "8h30 franceinfo", lundi 28 novembre 2022.

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Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, était l'invitée du "8h30 franceinfo", lundi 28 novembre 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale était l'invitée du "8h30 franceinfo", lundi 28 novembre 2022. Affaire McKinsey, constitutionnalisation de l'IVG, Affaire Quatennens, loi anti-squat… Elle répond aux questions de Marc Fauvelle et Salhia Brakhlia.

Affaire Mckinsey : "Le nom de McKinsey alimente énormément de fantasmes"

"Vous avez des appels d'offres qui sont des appels d'offres publics, on sait exactement quelles sont les missions qui sont conférées à ces cabinets de conseil, combien ils sont rémunérés", détaille la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale, souhaitant toutefois qu'il y ait "plus de transparence" en matière d'intervention des cabinets de conseil lors des campagnes électorales. "Il y a peut-être des règles qui méritent d'être changées sur ces enjeux", reconnaît-elle.

"Je trouve ça très bien que la justice fasse son travail", souligne Aurore Bergé. "Je crois que le nom de McKinsey alimente énormément de fantasmes aussi sur la manière avec laquelle l'État travaille", ajoute-t-elle. "Est-ce que l'État doit ou non faire appel à des cabinets de conseil ? Est-ce que ça peut être des cabinets qui ne sont pas des cabinets français ? Toutes ces questions alimentent le fantasme", selon la députée qui en appelle à leur régulation. "C'est très bien qu'à un moment, on fasse moins appel à ces cabinets de conseil, qu'on fasse appel à eux uniquement quand on n'a pas d'autre choix", conclut-elle.

Rixe dans les Yvelines : "Je ne veux pas laisser croire que ce sont des évènements qui se passent de manière récurrente”

"Je ne veux pas laisser croire que dans ce territoire où je suis élue, ce sont des évènements qui se passent de manière récurrente”, réagit la député des Yvelines, après la mort d'un garçon de 14 ans dans une rixe dans la nuit de samedi à dimanche à Coignières (Yvelines). La députée en appelle au "calme" et à la "retenue" et qu'il n'y ait pas de "représailles". "Je ne veux pas que derrière cela, ça laisse penser que ce territoire est à l'image de ce drame", insiste-t-elle.

Affaire Quatennens : "Il n'a plus sa place dans l'hémicycle"

La patronne des députés Renaissance "considère" que le député LFI du Nord, Adrien Quatennens, "n'a plus sa place dans l'hémicycle", dans la mesure où il a reconnu avoir giflé son épouse, Céline Quatennens. Une enquête est ouverte. L'épouse du député dénonce des "violences physiques et psychologiques" pendant "plusieurs années". Interrogée sur le cas Damien Abad, l'ex-ministre des Solidarités visé par des accusations de viols, Aurore Bergé répète que "Damien Abad n'a eu de cesse de nier" alors qu'Adrien Quatennens a "reconnu les faits".

IVG : "Il n’y a pas eu de pacte" avec les Insoumis, juste "un débat parlementaire"

"C’était important qu’on vote ce texte. Ce n’est pas au moment où ça pourrait être trop tard qu’on doit réagir et anticiper le pire qui pourrait advenir pour inscrire, sanctuariser ce droit", estime Aurore Bergé. "La nuance, le compromis, c’est beaucoup plus fort et plus difficile que les invectives et les interpellations permanentes", selon la cheffe de file des députés Renaissance. Le but c'est que "la Constitution soit modifiée", avance-t-elle.

"Il n’y a pas eu de pacte" avec les Insoumis, juste "un débat parlementaire", affirme-t-elle alors que la majorité a voté un texte jeudi de La France insoumise pour inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution, une première étape avant un passage devant le Sénat. "Je ne vais pas, par principe, dire que sur la question des droits des femmes, parce que c'est un texte qui n'est pas le mien au départ, je refuse de le voter. Ce serait absolument incompréhensible", soutient-elle, avant de confier que sa mère "y avait eu recours à un moment où elle risquait la prison et sa vie".

Sur son retour dans l'hémicycle : "Chacun est libre de ses choix”

"Ce qui est culpabilisant, c’est qu’en permanence on nous pose la question de savoir ce qu’il faudrait qu’on fasse. Chacun est libre de ses choix”, répond Aurore Bergé à la question sur son retour dans l'hémicycle un mois après avoir accouché. "À un moment, il faut qu'on arrête surtout de vouloir parler à notre place", lance la députée. Cependant, elle a dit vouloir "avancer" sur le fait que le droit au congé maternité "n'existe pas pour les parlementaires" comme pour "d'autres professions".

Proposition de loi anti-squat : "Ce n’est pas aux petits propriétaires de payer pour les difficultés à se loger d’une partie des Français"

"Ce n’est pas aux petits propriétaires de payer pour les difficultés à se loger d’une partie des Français, ça c’est le rôle de l’Etat", estime Aurore Bergé, alors que l'Assemblée nationale démarre lundi l'examen d'une proposition de loi anti-squats. La députée des Yvelines revendique un "équilibre entre le respect absolu du droit de propriété qui est inscrit dans notre Constitution et qui doit absolument prévaloir" et les difficultés à se loger des Français. Elle estime cette loi nécessaire car "on a aujourd'hui des petits propriétaires qui se retrouvent dans des situations invraisemblables et qui nous interpellent parce qu'une procédure d'expulsion pour quelqu'un qui refuse de payer un loyer peut durer jusqu'à trois ans".

Transports en commun en Île-de-France : Aurore Bergé "ne comprend pas" cette augmentation

La députée a dit son incompréhension devant la possible hausse du prix du ticket de métro parisien et du passe Navigo alors que "l'État a déjà versé 2 milliards d'euros", selon elle, au titre de la période Covid, afin d'aider la région Île-de-France à boucler son budget. Anne Hidalgo et Valérie Pécresse "veulent toujours plus de compétences, elles veulent toujours plus de décentralisation, mais à la fin, elles se retournent toujours vers l'État quand elles n'arrivent pas à boucler leur budget de fonctionnement", tacle-t-elle. "Ce n'est pas les entreprises qui doivent payer et ce n'est pas les Franciliens", ajoute-t-elle.

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Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du lundi 28 novembre 2022 :

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