Notre-Dame-des-Landes : EELV répond à Ayrault avoir "toujours dénoncé" la violence

Jean-Marc Ayrault avait appelé les écologistes à "sortir de l'ambiguïté" au lendemain des violences et dégradations qui ont émaillé la mobilisation contre Notre-Dame-des-Landes.

Jean-Marc Ayrault, le 14 février 2014 à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Jean-Marc Ayrault, le 14 février 2014 à Nancy (Meurthe-et-Moselle). ( MAXPPP)

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) se défend. Appelé par Jean-Marc Ayrault à "sortir de l'ambiguïté" au lendemain des violences et dégradations qui ont émaillé la mobilisation contre Notre-Dame-des-Landes à Nantes, sa numéro un, Emmanuelle Cosse, dit avoir "toujours dénoncé les actes de violence". 

Dans un entretien à Presse Océan publié dimanche 23 février, le Premier ministre tient des propos très offensifs : "Ces violences sont inacceptables dans un Etat de droit. Tous ceux qui exercent des responsabilités publiques doivent condamner les squatteurs de la ZAD [zone d'aménagement différé dédiée à l'aéroport], organisateurs délibérés de ces violences", déclare-t-il. Dans son collimateur, Cécile Duflot, la ministre du Logement et ancienne patronne du parti écologiste, qui a affirmé samedi dans un entretien au Monde qu'elle aurait participé à la manifestation "plutôt deux fois qu'une" si elle n'avait pas été ministre.

"Il n'y a aucune ambiguïté"

Réponse de la patronne d'EELV : "On a toujours dénoncé les actes de violence donc les choses sont très simples""Il n'y a aucune ambiguïté de la part d'EELV", explique Emmanuelle Cosse auprès de l'AFP. Elle souligne que son parti a condamné dès samedi soir les violences à Nantes dues à des "éléments perturbateurs". Et la secrétaire nationale des écologistes précise s'être entretenue au téléphone dimanche avec le Premier ministre pour lui rappeler cette prise de position, et a dit l'avoir rassuré. 

Est-ce que le Premier ministre n'attendait pas une réaction de Cécile Duflot ? "Jean-Marc Ayrault cherchait à avoir une assurance de notre parti que nous étions sur une ligne très claire par rapport à ces actes (de violence), tout simplement", dit Emmanuelle Cosse. "Je n'accepte ni les violences ni les propos qui laisseraient entendre de la part d'EELV une soi-disant compréhension de ces actes", déclare-t-elle aussi.

Un "sujet de désaccord majeurs" avec les socialistes

Elle évoque aussi les manifestations des Bonnets rouges l'automne dernier en Bretagne, "où il y a quand même eu la volonté de prendre d'assaut une sous-préfecture, les choses étaient bien plus graves". A l'époque, son parti avait aussi condamné, rappelle la chef de file des écologistes. 

"L'ambiguïté n'a jamais existé", insiste-t-elle, "et je n'ai aucune difficulté à rappeler notre position et notre opposition sur le projet de Notre-Dame-des-Landes et notre volonté de gagner cette mobilisation d'un point de vue pacifique, en mobilisant sur le terrain et en mobilisant d'un point de vue juridique". 

La présence de Cécile Duflot au gouvernement est-elle menacée ? "Il n'y a pas de débat", rétorque Emmanuelle Cosse.

Elle rappelle que dès 2011, quand écologistes et socialistes négociaient un accord programmatique pour gouverner ensemble, le projet de Notre-Dame-des-Landes était un des "deux sujets de désaccord majeurs", "acté des deux côtés". L'autre était l'EPR en construction à Flamanville (Manche). "Le gouvernement ne s'est pas fondé autour de la question de Notre-Dame-des-Landes, chacun continue à avancer ses propres arguments, il n'y a pas d'ambiguïté."