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Reportage Législatives 2022 : dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen vise une réélection dès le premier tour malgré "l'indifférence citoyenne"

Arrivée largement en tête au second tour de la présidentielle dans sa circonscription du Pas-de-Calais, Marine Le Pen encourage ses partisans à se rendre aux urnes ce dimanche. Face à un scrutin qui parait joué d'avance, tous ses adversaires se mobilisent pour tenter de la faire trébucher. 

Article rédigé par France Info - Hadrien Bect
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Marine le Pen, en campagne dans la ville de Carvin (Pas-de-Calais), le 28 mai 2022. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Marine Le Pen sera-t-elle réélue dans un fauteuil dimanche 12 juin dès le premier tour des élections législatives ? C'est en tout cas son objectif affiché, dans cette 11e circonscription du Pas-de-Calais où elle s'est imposée en 2017, avec plus de 58% des voix face à la candidate investie à l'époque par La République en marche.

Cinq ans après, la partie paraît jouée d'avance pour l'ex-finaliste de la présidentielle. À tel point que Marine Le Pen craint désormais la démobilisation : "ceux qui prennent la responsabilité de s'abstenir le 12 juin auront jusqu'à la fin de leurs jours miséreux, pour déplorer leur indifférence citoyenne !", lance-t-elle dans le gymnase d'Hénin-Beaumont, devant quelques centaines de militants réunis pour le seul meeting de la campagne. L'injonction résonne aussi bien au niveau local que national. 

Les applaudissements sont poussifs. Quelques drapeaux tricolores s'agitent mollement. Pourtant, nous sommes ici au cœur du fief de Marine Le Pen. Ultra populaire, la candidate y a dépassé les 63 % au second tour de la présidentielle. Il n'empêche. "Il est encore temps d'empêcher Macron de disposer de tous les pouvoirs et de laisser s'imposer dans notre pays une direction sans partage !". 

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La campagne a commencé tard. Marine Le Pen a écumé les marchés méthodiquement, chaque week-end, entre sourires et séances de selfies, sur cette terre historiquement de gauche. Avec comme objectif de renvoyer dos à dos Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron

"Si ça l'embête, qu'elle fasse autre chose !"

Bien implantée, son adversaire de gauche, Marine Tondelier (Nupes), originaire d'Hénin-Beaumont, est de toutes les élections. Toujours présente, toujours battue. Ses arguments ? Marine Le Pen ne s'intéresse pas à sa terre d'élection. "Nous avons besoin d'une députée pour de vrai, parce qu'il faut accélérer la rénovation des cités minières, parce qu'il faut faire la vérité sur la pollution et la santé autour de l'ancien site de Metaleurop".

Selon elle, Marine Le Pen a échoué à incarner les dossiers locaux sur cette circonscription. "Si ça l'embête, si elle est intéressée par d'autres choses, qu'elle fasse autre chose. Et nous, on va s'occuper d'ici". 

Le duel semble donc s'installer entre Marine Le Pen et la candidate de l'Union des gauches. "Un duo", tance la candidate de la majorité présidentielle, Alexandrine Pintus. "Nous avons deux Marine qui passent leur temps à faire des punchlines, mais qui ne font pas de propositions". Quitte à les renvoyer dos-à-dos : "Elles ont le même projet au niveau de l'Europe et la même ambition : être dans l'opposition et voter contre tout."

Les autres candidats attaquent le bilan de Marine Le Pen

Le candidat du Parti radical de gauche, Maxime Legrand, s'en prend lui aussi au bilan de Marine Le Pen. "Qu'a-t-elle fait pour le bassin minier en termes de mobilité, en termes d'enseignement supérieur, en termes d'emploi, en termes de santé?". Il le répète : attaquer "sur le fond", plutôt que sur la personne. 

Car un constat se dégage ici, on n'attaque pas la candidate du Rassemblement national sur ses idées ou ses valeurs. Loin des tentatives de diabolisation qui peuvent exister au niveau national... Impossible de faire autrement, justifie la candidate de la droite et du centre, Anne-Sophie Taszarek : "Nous vivons sur un territoire ou le Rassemblement national fait de hauts scores. C'est habituel, ici. Il n'y a pas eu de réponses aux problèmes du territoire".

Quoiqu'il en soit, même si les candidats souhaitaient s'en prendre directement à elle, cela serait difficile : dans cette campagne, il n'y aura pas eu de débat entre les différents candidats, aucun média local n'en a organisé. À en croire certains de ses proches, l'ex finaliste de la présidentielle n'avait de toute façon pas intérêt à la confrontation. Justification de l'un d'eux : "Ce n'est pas de son niveau".


Dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais les différents candidats sont : 

Léa CARON - ECO (Parti animaliste)
Dominique GAI - DXG (Lutte ouvrière)
Gautier WEINMANN - DXG (Extrême gauche)
Maxime LEGRAND - RDG
Marine LE PEN - RN (RN)
Marine TONDELIER - ECO (Nupes)
Lahcen RAÏSS - DIV (UDMF)
Anne-Sophie TASZAREK - UDI (UDI)
Alexandrine PINTUS - ENS (Ensemble !)

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