"Impréparation", "honte", "humiliation"... L'opposition étrille Jean-Michel Blanquer sur le protocole sanitaire à l'école

Le ministre de l'Éducation nationale est fragilisé par la gestion de l'épidémie de Covid-19 dans les établissements scolaires, alors qu'un appel à la grève lancé pour ce jeudi par des syndicats d'enseignants s'annonce massivement suivi. 

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Radio France
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Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer à l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement, le 11 janvier 2022.  (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Les mots sont durs, mardi 11 janvier, à la sortie de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, "organise le chaos à l'école", affirme par exemple Fabien Roussel. Pour le candidat communiste à l'élection présidentielle, la rentrée scolaire de janvier se caractérise par "de l'impréparation" et "du bricolage. C'est la honte".

Une colère qui semble partagée par la majorité du personnel scolaire : 75% de grévistes sont annoncés dans le primaire et la moitié des écoles devraient être fermées jeudi, selon les prévisions du Snuipp, principal syndicat du premier degré. La députée socialiste Valérie Rabault estime même qu'il faut s'attendre à une mobilisation jamais vue depuis Mai-68.  

Des critiques à gauche comme à droite 

Dans le camp de la droite, on n'est pas plus tendre. Pour la vice-présidente Les Républicains de l'Assemblée nationale, Annie Genevard, "force est de constater que l'organisation de la rentrée s'est révélée catastrophique". Pour le chef de file des députés LR, Damien Abad, "c'est une humiliation pour monsieur Blanquer que d'avoir été désavoué en direct par le Premier ministre sur le protocole sanitaire, qui avait été mis en place 24 heures avant la rentrée." Jean Castex a en effet annoncé un allègement des règles sanitaires à l'école, lundi lors du journal télévisé de 20 heures de France 2.

La situation pousse même certains élus d'oppositon à réclamer la démission de Jean-Michel Blanquer. "Si vous voulez regagner un peu de crédibilité, ce serait le moment de s'en aller, je pense", dit par exemple le député La France insoumise Ugo Bernalicis. "Enfin, ils sont quand même capables d'en trouver un autre qui soit pire", ironise-t-il. 

Dans les rangs de la majorité, on veut rester serein, comme le député de l'Eure Bruno Questel : "Le droit de grève est un droit constitutionnel. Il faut le respecter, quel que soit le calendrier. Je ne porterai pas de jugement d'opportunité, même si j'ai ma petite idée." La grève de ce jeudi 13 janvier risque en tout cas de fragiliser davantage le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Et son message aux grévistes, mardi ("On ne fait pas une grève contre un virus"),  n'est pas forcément la meilleure façon de s'épargner les critiques. 

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