Bercy a porté plainte pour fraude fiscale contre Thomas Thévenoud

L'éphémère secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur avait omis de déclarer ses revenus et de payer ses impôts.

Thomas Thévenoud, le 28 novembre 2014 sur les bancs de l\'Assemblée nationale.
Thomas Thévenoud, le 28 novembre 2014 sur les bancs de l'Assemblée nationale. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Après la sanction politique, les poursuites judiciaires. La commission des infractions fiscales (CIF), organisme rattaché au ministère de l'Economie, a transmis une plainte pénale au parquet de Paris contre Thomas Thévenoud et sa compagne pour fraude fiscale, annonce Le Monde lundi 1er juin. Une décision qui remonte au 19 mai, et qui "traduit une volonté politique forte (...) de voir M. Thévenoud s'expliquer devant la justice", précise le quotidien.

Éphémère secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, également chargé de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger, Thomas Thévenoud avait démissionné du gouvernement de Manuel Valls en septembre 2014 après avoir reconnu des "retards de déclaration et de paiement" de ses impôts. Il avait ainsi déposé en retard ses déclarations de revenus en 2012 et en 2014, et n’avait rien déclaré du tout en 2013, précise Le Monde.

L'élu dénonce "un acharnement"

Contacté par l'AFP, l'intéressé "ne comprend pas". "Sur le passé, tout a été régularisé, j'ai payé chaque année les pénalités de retard et sans aucun passe-droit", a-t-il affirmé, avant de dénoncer "une volonté manifeste d'acharnement""Il y a deux poids deux mesures : au moment où on régularise en catimini des milliers de comptes cachés à l'étranger, on poursuit quelqu'un comme moi qui n'a jamais eu de comptes à l'étranger, ni de revenus cachés", a déclaré le député.

Ce n'est pas la première fois depuis son départ que Thomas Thévenoud revient sur le devant de l'actualité. Son retour sur les bancs de l'Assemblée nationale avait provoqué l'ire de ses collègues, qui souhaitaient le voir démissionner. Il siège désormais en tant que député non-inscrit. "Si j'ai manqué à mes obligations fiscales, je n'ai jamais commis aucune infraction pénale", répétait-il à ses critiques. Ce n'est manifestement pas l'avis de Bercy.