Petits déjeuners à l'école, revenu universel d'activité, formation obligatoire jusqu'à 18 ans... que contient le plan pauvreté d'Emmanuel Macron ?

Avec ce programme axé sur le social présenté jeudi, le chef de l'État entend "enrayer les inégalités de destin qui se perpétuent de générations en générations". 

Des personnes récupérant des aliments consommables dans une poubelle devant un supermarché, à Paris.
Des personnes récupérant des aliments consommables dans une poubelle devant un supermarché, à Paris. (MATTHIEU DE MARTIGNAC / MAXPPP)

Emmanuel Macron a présenté jeudi 13 septembre au musée de l'Homme à Paris sa stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Il s'agit d'éviter que des jeunes qui naissent dans la pauvreté le restent toute leur vie. Le président de la République a choisi de soutenir des dispositifs existants en insistant avant tout sur les enfants et les jeunes, car parmi les neuf millions de pauvres en France, un tiers sont en effet des mineurs.

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Emmanuel Macron mise surtout sur la prévention et l'accompagnement, pour contrer ce qu'il appelle les "inégalités de destin".

Un "revenu universel d'activité"

Ce revenu, qui sera créé par "une loi en 2020", regroupera le plus grand nombre possible de prestations sociales. Selon le chef de l'État, la personne qui le percevra devra signer un "contrat d'engagements", prévoyant notamment l'obligation de s'inscrire à un parcours d'insertion. 

30 000 places en crèche supplémentaires

La priorité est donnée aux crèches avec la création de 30 000 places supplémentaires d'ici la fin du quinquennat et une enveloppe d'1,2 milliard d'euros prévue à la fois pour aider les communes des quartiers prioritaires à accueillir davantage d'enfants, mais aussi pour mieux former les personnels de la petite enfance qui sont au nombre de 600 000. Un système de bonus va être appliqué aux structures favorisant la mixité sociale et à celles qui accueillent des enfants en situation de handicap.  

Des petits-déjeuners offerts dans les écoles classées REP

Des petits-déjeuners seront offerts aux enfants des écoles des réseaux d'éducation prioritaires les plus en difficulté. Emmanuel Macron a aussi souhaité "un accès universel" à la cantine pour les élèves les plus défavorisés, en développant "les repas à un euro", dans les petites communes et les quartiers prioritaires. Par ailleurs, plus de 100 millions d'euros seront investis pour sortir les enfants des rues et des bidonvilles.  

La formation obligatoire jusqu'à 18 ans

La deuxième priorité se porte sur la formation. Elle sera obligatoire jusqu'à 18 ans et non plus 16 ans. Plusieurs dispositifs d'insertion sont renforcés comme la garantie jeunes qui devrait profiter à 500 000 jeunes à la fin du quinquennat contre 100 000 aujourd'hui, cette garantie est une allocation de 500 euros en échange d'un suivi.

Un renforcement des territoires "zéro chômeur"

Concernant les plus de 25 ans, pour ceux qui perçoivent le RSA, l'objectif est de mieux les accompagner. Un coup de pouce sera donné par exemple aux territoires "zéro chômeur", pour monter à 50 territoires, ou aux chantiers d'insertion. L'objectif est d'investir 500 millions d'euros chaque année, soit deux milliards d'ici à la fin du quinquennat, pour tous ces dispositifs de réinsertion. C'est presque le double par rapport à l'investissement des départements qui investissent déjà 600 à 800 millions d'euros par an dans ce domaine. Aujourd'hui il y a deux millions d'allocataires du RSA qui ne sont pas pris en compte dans ces dispositifs.

L'aide sociale à l'enfance prolongée dans certains cas

L'une des priorités du plan pauvreté vise aussi à arrêter les sorties de l'aide sociale à l'enfance (ASE) à 18 ans quand le jeune n'a ni formation ni emploi. Dans ce cas, le jeune pourra continuer à être pris en charge jusqu'à l'âge de 21 ans. 

Un plan pas chiffré précisément

L'Élysée ne chiffre pas la totalité du plan pauvreté pour le moment. Si certains ministres évoquent le chiffre de huit milliards d'euros, c'est qu'ils intègrent d'autres mesures déjà annoncées par le gouvernement, comme par exemple l'augmentation de la prime d'activité qui représente plus d'un milliard d'euros.