Nucléaire : construire de nouveaux réacteurs va-t-il suffire à couvrir les futurs besoins en électricité de la France ?

Ce jeudi, à Belfort, Emmanuel Macron doit détailler le plan de relance du nucléaire en France. Il doit ainsi annoncer des précisions sur la construction de nouveaux réacteurs de type EPR, notamment.

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Radio France
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Un employé de la centrale nucléaire de Fessenheim, en juin 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

C'est à l’ombre des énormes turbines Arabelle, colosses d’acier de 70 mètres de long qu'Emmanuel Macron va prendre la parole ce jeudi 10 février vers 15h.

En novembre dernier, le chef de l'Etat est attendu à Belfort pour annoncer le plan de relance du nucléaire. Il avait annoncé que la France allait se doter d’une nouvelle génération de centrales nucléaires, sans plus de précisions. C’est ce qui est attendu à l'occasion d'une visite présidentielle du site de construction des nouvelles turbines, qui équipent les centrales nucléaires.Ce sont elles qui produisent l’électricité à partir de la vapeur d’eau dans les centrales.

La France ne construit actuellement sur son sol qu'un réacteur EPR de nouvelle génération, celui de Flamanville (Manche), qui a rencontré des déboires multiples, source de retards et rallonges budgétaires. Il devrait être mis en service dans quelques mois, à la fin de l'année 2022.

Après avoir donné le titre en novembre dernier, le président de la république doit donc donner le sommaire, c’est à dire combien de réacteurs nucléaires EPR2, d’une puissance supérieure aux générations actuelles, vont être construits en France. Et peut-être savoir où et à quelles échéances. Car l’Elysée ne souhaite pas dévoiler de chiffres officiellement.

>> Réacteurs nucléaires à l'arrêt : l'approvisionnement en électricité de la France est-il menacé ?

Six nouveaux réacteurs déjà évoqués

Mais EDF a déjà déposé une feuille de route. Dès juin dernier, l’électricien public a évoqué un programme de construction de six nouveaux réacteurs. Ils seraient construits par paires, plus standardisés que celui de Flamanville, pour permettre des économies d’échelle. Plusieurs sites sont ainsi pressentis. En fait, il s’agit déjà de centrales nucléaires : Gravelines, dans le Nord, Penly, en Normandie, au Bugey, dans l’Ain et au Tricastin dans la Drôme.

La ligne est claire : avec un premier branchement au réseau prévu en 2035, ce programme coûterait, selon une évaluation ministérielle de septembre, entre 50  et un peu plus de 60 milliards d’euros. 

Reste une question-clé : cela va-t-il suffire à couvrir les futurs besoins du pays en électricité ? Car ce n’est pas ce que dit le gestionnaire du réseau électrique, RTE. Il a publié en octobre une étude de référence sur les besoins énergétiques en 2050.

Des efforts bien plus considérables

Si l’objectif reste la neutralité carbone, il va donc falloir en finir avec la consommation d’énergies fossiles. Seulement, elle représente aujourd’hui presque les deux tiers des énergies en France. C’est dire s’il faut un grand bond en avant.

L’électricité va donc devenir l’énergie principale et pour que cela passe, il va non seulement falloir consommer moins, mais encore produire plus. Dans les scénarios qui intègrent un nouveau programme nucléaire, RTE préconise un minimum de huit réacteurs... et un maximum de quatorze. Et encore l'hypothèse de la "fourchette basse" repose sur un très fort développement des énergies renouvelables avec une multiplication par onze du secteur solaire par exemple, ainsi que le maintien en fonction d’une quinzaine de réacteurs du parc actuel.

De quoi se poser des questions à voir la vitesse actuelle de développement des éoliennes et des panneaux solaires… et les difficultés d’EDF avec ses centrales nucléaires, touchées par une série de contrôles en urgence pour des suspicions de corrosion. 

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