Affaire Benalla : ce qu'il faut retenir de l'audition du chef de cabinet de Macron devant la commission d'enquête sénatoriale

La commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla a repris mercredi matin ses travaux avec l'audition de François-Xavier Lauch. 

Francois-Xavier Lauch, chef de cabinet d\'Emmanuel Macron, devant la commission d\'enquête sénatoriale, le 12 septembre 2018. 
Francois-Xavier Lauch, chef de cabinet d'Emmanuel Macron, devant la commission d'enquête sénatoriale, le 12 septembre 2018.  (BERTRAND GUAY / AFP)

Le chef de cabinet d'Emmanuel Macron, dont Alexandre Benalla était l'adjoint en tant que chargé de mission en matière de sécurité, a été le premier convoqué au Sénat pour la reprise des travaux de la commission d'enquête.

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Pendant près de deux heures, François-Xavier Lauch a répondu aux questions des sénateurs. Voici ses principales déclarations.

Il a été "choqué" par la vidéo

François-Xavier Lauch, s'est déclaré "choqué" par la violence des images montrant Alexandre Benalla s'en prendre à un manifestant, le 1er mai 2018. "Je peux vous dire qu'en voyant cette vidéo, j'ai été choqué, j'ai vu à la fois une scène d'affrontement violent (...), une scène d'intervention d'une personne qui est manifestement monsieur Benalla, et qui à l'évidence a agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République", a déclaré François-Xavier Lauch. 

"J'ai alors souhaité appeler monsieur Benalla immédiatement, je l'ai fermement sermonné, il a reconnu sa présence sur les lieux de la manifestation", a poursuivi le chef de cabinet d'Emmanuel Macron qui était alors en Nouvelle-Calédonie pour préparer la venue du président. "Il s'agit d'un comportement individuel fautif à dissocier du fonctionnement du service que je dirige", a estimé le chef de cabinet.

Il a assuré que Benalla n'avait "pas exercé ses fonctions" pendant sa suspension

Interrogé sur la suspension d'Alexandre Benalla, le chef de cabinet de l'Elysée répond : "Pendant ces quinze jours, du 4 au 22 mai, je peux vous certifier que Benalla n'a pas exercé ses fonctions de chargé de mission."

Par ailleurs, "nous avons décidé avec le directeur de cabinet de lui retirer la préparation et l'organisation des déplacements officiels du président de la République, explique François-Xavier Lauch. Pendant ces quinze jours, du 4 au 22 mai, je peux vous certifier que Benalla n'a pas exercé ses fonctions de chargé de mission", assure le chef de cabinet de l'Elysée, à propos de la suspension d'Alexandre Benalla.

Il a précisé que Benalla n'avait "pas exercé de mission de police"

Répondant aux questions insistantes de la commission, François-Xavier Lauch a également "assuré que monsieur Benalla n'a pas exercé de mission de police" dans le cadre de ses fonctions à la présidence de la République. "Si j'avais constaté cela, il se serait fait là aussi sévèrement sermonner", a-t-il ajouté. Il a reconnu avoir été "informé" qu'Alexandre Benalla disposait d'un permis de port d'arme, mais a assuré ne l'avoir "jamais vu" avec son arme lors des déplacements du chef de l'Etat.

Selon François-Xavier Lauch, les fonctions d'Alexandre Benalla étaient "extrêmement claires", "cadrées" : "L'organisation des déplacements nationaux du président de la République", "l'organisation des événements au palais de l'Elysée" et enfin "la coordination, sous l'autorité du directeur de cabinet, des deux services de sécurité de l'Elysée", en l'occurrence "des choses très administratives", a-t-il pris soin de souligner. A cela s'ajoutait "la préparation des déplacements non officiels du président de la République."

Il a expliqué le rôle de Benalla dans le bus des Bleus

Que faisait le collaborateur d'Emmanuel Macron dans le bus des Bleus sur les Champs-Elysées, le 16 juillet ? "Pour l'accueil des Bleus, il fallait à la fois coordonner l’arrivée de l'équipe de France et organiser un événement à l'Elysée, a expliqué le chef de cabinet du président de la République. Et il a poursuivi : "J'ai mobilisé deux de mes adjoints à l'Elysée et demandé à monsieur Benalla d'être le garant de la synchronisation de l’arrivée du bus des Bleus."