L'ex-trésorier de la campagne de Balladur en 1995 mis en examen

René Galy-Dejean, qui avait évoqué le détournement des fonds spéciaux de Matignon, est à son tour mis en cause, dans l'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi.

René Galy-Dejean, l\'ancien maire UMP du 15e arrondissement et ex-trésorier de la campagne présidentielle d\'Edouard Balladur en 1995, le 4 janvier 2002.
René Galy-Dejean, l'ancien maire UMP du 15e arrondissement et ex-trésorier de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, le 4 janvier 2002. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

René Galy-Dejean, l'ex-trésorier de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, a été mis en examen, vendredi 4 octobre, pour "complicité de détournement de fonds publics". Il a été entendu jeudi pendant environ quatre heures par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire. Il s'agit d'une nouvelle mise en cause, liée à l'enquête sur l'affaire Karachi, qui vise un membre de l'entourage de l'ancien Premier ministre. 

Les fonds spéciaux de Matignon au cœur de l'enquête 

Dans l'enquête sur un éventuel financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur, les juges financiers suivent deux pistes : des rétrocommissions sur des contrats d'armement avec l'Arabie Saoudite et le Pakistan, et un possible détournement des fonds spéciaux de Matignon. C'est cette deuxième option qui concerne René Galy-Dejean. Cet argent liquide était versé aux ministères, à l'époque sans justification. Une pratique très critiquée, encadrée à partir de 2001 par Lionel Jospin, alors Premier ministre. 

Les intrigantes déclarations de l'ex-trésorier 

Les juges s'intéressent notamment au versement de 10 millions de francs en liquide sur le compte de campagne, trois jours après l'échec de Balladur au premier tour de la présidentielle. Sur ce point, les déclarations de René Galy-Dejean, qui fut aussi maire du 15e arrondissement de Paris, contredisent celles d'Edouard Balladur. "Les sommes qui nous arrivaient étaient censées provenir des meetings. Bien entendu, je n'en croyais rien et restais persuadé (...) qu'il s'agissait de fonds secrets", a-t-il ainsi fait savoir en octobre 2012.

Agé de 81 ans, l'ex-trésorier a plusieurs fois déclaré qu'une partie de la campagne de Balladur avait été financée par ces fonds. Fin 2012, il a été interrogé sur un dépôt suspect de plus de 3 millions de francs en liquide, en avril 1995, sur le compte de l'Association de financement de la campagne d'Edouard Balladur.

Selon Le Monde, il a alors assuré que Pierre Mongin, ex-chef de cabinet d'Edouard Balladur, l'avait convoqué à Matignon. "Arrivé dans son bureau, il me montre plusieurs boîtes en carton et me dit : 'Voilà 3 millions en petites coupures'. C'est cette somme que j'ai apportée à la cellule trésorerie", a confié l'ex-trésorier. Pierre Mongin, aujourd'hui patron de la RATP et mis en examen début septembre, a démenti ces allégations.