Campagne de Balladur : Pierre Mongin, le PDG de la RATP, et Nicolas Bazire mis en examen

Cette enquête est l'un des volets de l'affaire Karachi. Les juges chargés du dossier examinent la piste des fonds spéciaux de Matignon.

Pierre Mongin, le PDG de la RATP, en avril 2012.
Pierre Mongin, le PDG de la RATP, en avril 2012. (ERIC PIERMONT / AFP)

Le patron de la RATP et l’ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur rattrapés par l'affaire Karachi. Pierre Mongin et Nicolas Bazire ont été mis en examen, jeudi 12 septembre, respectivement pour détournement de fonds public et complicité de détournement de fonds publics dans l’enquête sur le financement de la campagne présidentielle de l’ancien Premier ministre en 1995. "Pierre Mongin, dont la probité personnelle n'est pas mise en cause, conteste cette mise en examen infondée et illégale", a annoncé son avocat.

Francetv info revient sur ce nouveau rebondissement.

Quel est le rapport avec l'affaire Karachi ?

Cette enquête est l'un des volets de l'Affaire Karachi. Dans cette affaire, les juges financiers Roger Le Loire et Renaud van Ruymbeke étudient deux pistes pour déterminer s'il y a eu financement occulte de la campagne : des rétrocommissions sur des contrats d'armement et un détournement éventuel des fonds spéciaux de Matignon, de l'argent liquide qui était à l'époque distribué sans justification. C'est cette deuxième piste qui concerne Pierre Mongin et Nicolas Bazire.

Que leur reproche-t-on ?

A l'époque, le patron de la RATP était le directeur de cabinet d'Edouard Balladur, alors Premier ministre, un poste où il était précisément en charge des fonds spéciaux. Pierre Mongin est d'ailleurs mis en cause par l'ancien trésorier de la campagne, René Galy-Dejean. Fin 2012, ce dernier a affirmé aux juges que Mongin lui aurait remis "trois millions de francs en petites coupures" au lendemain du premier tour de la présidentielle.

S'il reconnaît avoir eu la charge des fonds spéciaux, Pierre Mongin réfute toute utilisation occulte et toute participation personnelle à la campagne présidentielle de 1995. "Mon client a répété que la fable que raconte Galy-Dejean n'a jamais existé", a insisté son avocat Olivier Baratelli. Le patron de la RATP a engagé une procédure pour faux témoignage et subornation de témoins.

Le numéro deux du groupe de luxe LVMH, Nicolas Bazire était, quant à lui, déjà poursuivi pour recel et complicité d’abus de bien sociaux.