Affaire Bettencourt : Nicolas Sarkozy mis hors de cause

Les juges bordelais ont estimé que les charges retenues contre l'ancien président étaient trop faibles pour motiver son renvoi devant un tribunal correctionnel.

Nicolas Sarkozy, le 7 octobre 2013, à la sortie d\'un déjeuner à la Grande Mosquée de Paris. Le même jour, l\'ex-président de la République a bénéficié d\'un non-lieu dans l\'affaire Bettencourt.
Nicolas Sarkozy, le 7 octobre 2013, à la sortie d'un déjeuner à la Grande Mosquée de Paris. Le même jour, l'ex-président de la République a bénéficié d'un non-lieu dans l'affaire Bettencourt. (THOMAS SAMSON / AFP)

Il s'était pourvu en cassation : Nicolas Sarkozy a finalement bénéficié d'un non-lieu dans l'affaire Bettencourt, lundi 7 octobre. Les juges bordelais ont estimé que les charges retenues contre l'ancien président, poursuivi pour "abus de faiblesse", étaient trop faibles pour motiver son renvoi devant un tribunal correctionnel. 

En revanche, Eric Woerth, trésorier de sa campagne en 2007, comparaîtra l'an prochain devant le tribunal de grande instance de Bordeaux, au côté de neuf autres prévenus, parmi lesquels François-Marie Banier (ancien ami de Liliane Bettencourt), Patrice de Maistre (gestionnaire de fortune de la milliardaire) ou Stéphane Courbit (industriel ayant bénéficié d'investissements réalisés par L'Oréal).

Francetv info en profite pour revenir sur les trois grandes étapes que Nicolas Sarkozy a vécues dans cette affaire.

Novembre 2012 : témoin assisté

Après douze heures d'audition devant le juge d'instruction bordelais Jean-Michel Gentil, Nicolas Sarkozy devient témoin assisté le 22 novembre 2012. L'ancien chef de l'Etat est à l'époque soupçonné d'avoir bénéficié des largesses financières de la milliardaire Liliane Bettencourt, pour le financement de sa campagne électorale de 2007, et ce alors que l'héritière de L'Oréal n'était plus en état de prendre ses décisions en conscience.

A l'origine de ces soupçons, des retraits en espèces de 4 millions d'euros sur les comptes suisses des Bettencourt, dont à deux reprises 400 000 euros pendant la campagne présidentielle de 2007. Mais au terme de l'audition, le juge Gentil considère que les indices ne sont pas suffisament "graves ou concordants" pour mettre en examen l'ancien président.

Mars 2013 : mis en examen pour "abus de faiblesse"

L'affaire rebondit cinq mois plus tard. Le 21 mars 2013, après une nouvelle audition à Bordeaux, Nicolas Sarkozy est mis en examen par le juge Gentil. Il est officiellement poursuivi pour "abus de faiblesse", au préjudice de Liliane Bettencourt.

L’ex-président est notamment soupçonné d’avoir perçu de l’argent liquide au domicile des Bettencourt. L'agenda de ces derniers, ainsi que le journal intime du photographe François-Marie Banier, proche de Liliane Bettencourt, laissent entendre qu’il a été reçu par la milliardaire pendant la campagne présidentielle de 2007. Cette période concorde avec celle des deux retraits de 400 000 euros. La défense de Nicolas Sarkozy continue d'affirmer qu'il ne s'est rendu qu'une seule fois chez les Bettencourt, en février 2007, pour une simple visite de courtoisie. Mais d'anciens membres du personnel des Bettencourt affirment que l'ancien président s'y est rendu à d'autres reprises début 2007.

Octobre 2013 : mis hors de cause

Après la mise en examen de Nicolas Sarkozy, les proches de l'ancien chef de l'Etat dénoncent une justice "partiale", et pointent des irrégularités sur la procédure, nécessitant à leurs yeux l'annulation de la mise en examen. En vain : le 24 septembre, la cour d'appel de Bordeaux valide l'ensemble de la procédure.

Et alors que Nicolas Sarkozy annonce qu'il se pourvoit en cassation sur la forme, il est finalement mis hors de cause sur le fond de l'affaire. Le 7 octobre, les magistrats bordelais ont estimé que les charges pesant sur Nicolas Sarkozy n'étaient pas assez lourdes pour justifier son renvoi en correctionnelle. Autrement dit : l'ancien président de la République n'aura pas à s'expliquer à la barre d'un tribunal dans cette affaire.