Le député Adrien Quatennens est réintégré au sein du groupe La France insoumise, quatre mois après sa condamnation pour violences conjugales

Le député du Nord avait été exclu le 13 décembre 2022. Sa réintégration était aussi conditionnée à sa participation à un stage de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles auprès d'une association féministe.
Article rédigé par franceinfo
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Le député Adrien Quatennens le 4 avril 2023 à l'Assemblée nationale. (VIRGINIE HAFFNER / HANS LUCAS / AFP)

"Les conditions de la réintégration d'Adrien Quatennens sont réunies." Les députés de La France insoumise (LFI) se sont prononcés, mardi 11 avril, en faveur de la réintégration dans leur groupe parlementaire du député du Nord, suspendu depuis quatre mois après sa condamnation pour violences contre son ex-compagne, selon un communiqué du groupe LFI consulté par franceinfo. Dans le détail, il y a eu 45 voix en faveur de sa réintégration, 15 contre et deux abstentions, a appris franceinfo auprès de sources parlementaires.

Le retour de ce proche de Jean-Luc Mélenchon était conditionné "au suivi d'un stage de responsabilisation auprès d'associations féministes", peut-on lire dans le communiqué. "Il ressort des échanges avec Adrien Quatennens que ce dernier est engagé dans un stage, en cours de finalisation, répondant aux critères attendus. Lors de ces échanges, Adrien Quatennens a affirmé regretter les expressions médiatiques qu'il a eues à la suite de sa condamnation", poursuit le communiqué, qui ajoute qu'Adrien Quatennens "s'est engagé à poursuivre le travail", "entamé ces derniers mois".

Une réintégration "inacceptable" pour le PS

Le parlementaire fera son retour jeudi dans les rangs des "insoumis", d'après l'entourage de Jean-Luc Mélenchon à France Inter. Adrien Quatennens "continuera comme il le fait depuis son retour dans l'hémicycle à défendre ses textes et amendements dans le cadre du groupe LFI". "Pour l'heure, aucune prise de parole médiatique n'est envisagée", affirme-t-on également de même source.

Cette décision fait fortement réagir le monde politique, notamment à gauche. Dans un communiqué, le Parti socialiste évoque un choix "à la fois inacceptable et incompatible avec les valeurs défendues et portées par la Nupes". "C'est un mauvais signal envoyé à toutes les femmes" et "une faute politique", ajoute le parti, qui considère que le député du Nord "ne peut plus être membre des instances de la Nupes". 

Europe Ecologie-Les Verts va dans le même sens. "EELV réaffirme son engagement dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes. Nous ne souhaitons pas qu'il participe aux instances de la Nupes", écrit le parti sur Twitter.

De son côté, Isabelle Lonvis-Rome, ministre déléguée chargée de l'Egalité femmes-hommes, a dit se "poser sérieusement la question sur le maintien d'un député à l'Assemblée nationale". Interrogée dans la salle des Quatre Colonnes, elle estime que la démission d'Adrien Quatennens "pourrait être un signal positif lancé à l'égard de toutes les femmes", même si elle convient que "la décision lui appartient".

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