VIDEO. Donald Trump et l'extrême droite américaine, la "love story" ?

Le milliardaire républicain a flatté l'électorat nationaliste avec ses promesses de campagne radicales et ses propos parfois outranciers. Mais, en endossant les habits du président élu, il a adouci son discours.

"Vive Trump ! Vive notre peuple ! Vive la victoire !" Des nationalistes américains ont célébré à retardement la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle par des saluts nazis et des vivas, samedi 19 novembre, lors d'une réunion d'une de leurs organisations à Washington (Etats-Unis), comme l'a révélé The Atlantic. Sous la pression, Donald Trump a fini par "désavouer", mardi 22 novembre, ce "hail" de suprémacistes blancs, qui résonne comme le "heil" hitlérien.

Mais le président élu continue d'entretenir des relations troubles avec cette "alt-right", la "droite alternative" américaine, qui fédère notamment nationalistes, suprémacistes, antisémites et racistes, et que la campagne présidentielle a remotivée et mise au premier plan. Ainsi, lorsqu'en février, un emblématique ancien dirigeant du Ku Klux Klan, David Duke, lui a apporté son soutien, le candidat l'a d'abord refusé, avant d'expliquer dans une interview qu'il ne condamnait pas le Klan pour autant.

Des promesses de campagne déjà enterrées

Durant la campagne, Donald Trump n'a cessé de draguer cet électorat à coups de propositions fracassantes : l'expulsion de millions de clandestins, la construction d'un mur pour stopper l'immigration illégale en provenance du Mexique, la promesse de poursuites judiciaires contre sa rivale démocrate, Hillary Clinton, dans l'affaire de ses mails de secrétaire d'Etat, ou encore la sortie de l'accord de Paris sur le climat et la négation du réchauffement climatique.

Autant de promesses sur lesquelles il est revenu, une fois élu, pour en atténuer la portée. Il n'est plus question désormais de poursuites judiciaires contre Hillary Clinton. Le mur n'en sera pas tout à fait un et sera composé en partie de clôtures et de barrières. Et le climatoscepticisme affiché au cours de ses meetings a fondu. Des revirements qui mécontentent les porte-voix de l'"alt-right", comme le souligne Libération.

Mais des gages donnés à l'"alt-right"

Reste que Donald Trump continue en même temps de donner des gages à cette frange de la droite américaine. Il a choisi Steve Bannon, ex-patron du site d'extrême droite Breitbart News, qui a mené sa fin de campagne, pour l'accompagner comme haut conseiller chargé de la stratégie, lorsqu'il entrera à la Maison Blanche le 20 janvier. Et, depuis, il n'a de cesse de l'assurer de son soutien, malgré les critiques virulentes et les manifestations. Vendredi, il a nommé des tenants d'une ligne dure aux postes clés de conseiller à la Sécurité nationale – le général Michael Flynn –, de ministre de la Justice – le sénateur Jeff Sessions – et de directeur de la CIA, le membre de la Chambre des représentants Mike Pompeo.

Les Loyal White Knights du Ku Klux Klan, eux, prévoient toujours d'organiser une manifestation le 3 décembre en Caroline du Nord pour célébrer la victoire du républicain. Une partie de l'Amérique redoute désormais l'accentuation des tensions raciales. Entre le 9 novembre, lendemain de la victoire de Trump, et le 16, le nombre d'incidents racistes, antisémites ou xénophobes a déjà fortement augmenté. Le Southern Poverty Law Center, organisme qui suit les activités des mouvements extrémistes, en a compté 701, sous forme de "harcèlement ou d'intimidation"

Le président américain élu, Donald Trump, saluant la foule, le 22 novembre 2016, au siège du \"New York Times\", à New York (Etats-Unis).
Le président américain élu, Donald Trump, saluant la foule, le 22 novembre 2016, au siège du "New York Times", à New York (Etats-Unis). (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)