VIDEO. Etats-Unis : mobilisation contre Steve Bannon, le sulfureux stratège de Donald Trump

Des centaines de personnes ont manifesté à Los Angeles, mercredi soir, et plus de 150 élus démocrates ont écrit au président élu pour lui demander de renvoyer son collaborateur.

Neuf jours après la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, la contestation se focalise sur un homme : Steve Bannon. Le milliardaire et président élu a promu son très proche collaborateur au poste de stratège en chef. Une nomination qui n'est pas soumise à confirmation par le Sénat, contrairement aux postes ministériels, et qui a aussitôt déclenché les foudres des démocrates et des associations de défense des droits civiques. Tout en confortant les plus radicaux des partisans du nouveau président.

Ancien soldat de la marine américaine, ex-banquier chez Goldman Sachs, producteur de films et de documentaires, Steve Bannon a repris les rênes du site Breitbart News (en anglais) et en a fait la plateforme de "l'alt-right", la "droite alternative" américaine. Une plateforme proche des courants nationalistes, et qui côtoie même certains mouvements antisémites et suprémacistes blancs.

"Un signal alarmant", selon la patronne des démocrates

Arrivé en août dans la campagne du républicain, qui semblait alors en difficulté, Steve Bannon est devenu, en coulisses, un soutien précieux. Tandis que certains voulaient "normaliser" le discours du magnat de l'immobilier, l'ultraconservateur l'a au contraire incité à creuser le sillon de la polémique. Ce qui lui a finalement permis de faire la différence face à Hillary Clinton dans des Etats décisifs.

La patronne des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a déploré, lundi, "un signal alarmant" montrant que Donald Trump "se conforme à la vision haineuse et conflictuelle qui a défini sa campagne". Des critiques relayées par nombre de démocrates, qui voient en Steve Bannon un champion du racisme et de la misogynie. Au moins 169 élus démocrates de la Chambre ont signé une lettre demandant à Donald Trump de le renvoyer. Et mercredi soir, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans le centre de Los Angeles, en Californie, pour appuyer cette demande. 

Les groupes d'extrême droite ont, à l'inverse, salué sa désignation. Ils estiment qu'elle représente la garantie que Donald Trump aura, à ses côtés, un aiguillon lui rappelant ses promesses de campagne les plus radicales, comme la construction d'un mur à la frontière mexicaine ou des restrictions d'entrée pour les immigrants musulmans.

Des manifestants protestent contre la nomination de Steve Bannon par Donald Trump, le 16 novembre 2016, à Los Angeles (Californie, Etats-Unis).
Des manifestants protestent contre la nomination de Steve Bannon par Donald Trump, le 16 novembre 2016, à Los Angeles (Californie, Etats-Unis). (DAVID MCNEW / AFP)