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Un mois après son investiture, quelles sont les priorités de Donald Trump ?

Le président des Etats-Unis se heurte à des résistances dans la mise en œuvre de son programme.

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France Télévisions
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Le président américain Donald Trump, le 18 février 2017 à Melbourne, dans l'Etat américain de Floride. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Et maintenant, que va-t-il faire ? Sur l'immigration, la relance de l'emploi ou l'Obamacare, Donald Trump n'a pas pu renverser la table aussi vite que promis lors de sa campagne présidentielle, d'autant plus qu'il a multiplié les bourdes. Le nouveau président des Etats-Unis s'est ainsi heurté à un barrage juridique sur sa volonté d'interdire l'entrée aux Etats-Unis aux citoyens de sept pays à majorité musulmane. Un mois après son investiture, comment compte-t-il repartir à l'offensive ? Et quelles sont ses priorités ?  

Sur l'immigration, un nouveau décret est imminent

Donald Trump a subi un camouflet sur son décret, signé le 27 janvier, qui interdisait temporairement, au nom d'impératifs de sécurité, l'entrée sur le territoire américain des ressortissants de sept pays du Moyen-Orient et d'Afrique (Iran, Irak, Syrie, Yémen, Libye, Soudan et Somalie).

La mise en œuvre de ce décret, qualifié de "Muslim Ban" par ses détracteurs, avait non seulement causé un gigantesque chaos dans les aéroports, mais suscité un tollé aux Etats-Unis comme à l'étranger, avant que la justice ne suspende le décret. Mais Donald Trump n'entend pas baisser les bras.

Nous allons présenter une version du décret plus serrée et rationalisée.

Le secrétaire américain à la Sécurité intérieure John Kelly

à Reuters

Les aspects les plus polémiques devraient être gommés. Les titulaires de "cartes vertes", qui octroient un statut de résident permanent, n'auront plus de problèmes à leur retour aux Etats-Unis s'ils se trouvent à l'étranger au moment de l'entrée en vigueur de ce nouveau décret. Et ce, quel que soit leur pays d'origine. John Kelly a également promis "une petite période de mise en application" pour faire en sorte que les voyageurs se trouvant à bord d'avion à destination des Etats-Unis "soient autorisés à entrer dans le pays".

Pour le reste, pas de changement de fond : les mêmes sept pays restent dans le collimateur de l'administration Trump, selon le Wall Street Journal (en anglais). Le nouveau texte pourrait être promulgué dès mardi 21 février, précise le journal, et devrait être mis en œuvre une à deux semaines après sa signature par le président.

Sur l'environnement, le démantèlement du bilan écologique d'Obama à l'œuvre

Autre priorité : le démantèlement du bilan écologique de Barack Obama. Vendredi 17 février, le Sénat américain a confirmé la nomination de Scott Pruitt, un climato-sceptique proche de l'industrie des énergies fossiles, à la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Cet ancien procureur général de l'Oklahoma s'était illustré en se joignant à plus d'une douzaine de procès contre l'EPA aux côtés d'industriels et de lobbyistes pour bloquer diverses régulations sur la pollution de l'air et de l'eau.

En matière environnementale, théoriquement, Donald Trump ne peut rayer d'un trait de plume des réglementations élaborées depuis des années. Mais les chefs républicains du Congrès ont déterré une loi inusitée de 1996, qui leur permet, par un vote, de révoquer toute réglementation finalisée dans les six derniers mois de l'administration précédente. Jeudi 16 février, un décret qui exempte les entreprises minières de dépolluer les ruisseaux après avoir exploité les sols alentour a été signé en toute discrétion, révèlent Les Echos. Un autre texte, qui obligeait les exploitants pétroliers à réduire les fuites de méthane s'échappant des puits, est également en cours d'abrogation.

Toutes ces réglementations étaient sur la liste noire de puissantes organisations patronales, comme la US Chamber of Commerce ou Freedom Partners, qui accusaient l'administration Obama d'imposer des coûts excessifs aux entreprises, notamment dans le domaine environnemental. L'administration Trump devrait également freiner, voire supprimer totalement les contrôles, et substituer des avertissements aux amendes. Le Figaro rappelle, enfin, que le milliardaire a déjà "a levé le veto de son prédécesseur aux pipelines Keystone XL et Dakota Access". Ce dernier projet d'oléoduc révolte la tribu sioux de Standing Rock, qui voit menacées aussi bien les terres sacrées de ses ancêtres que ses sources d'eau potable.

Sur l'Obamacare, l'abrogation est promise, mais compliquée

Troisième chantier symbolique relativement urgent aux yeux du milliardaire : l'abrogation d'Obamacare, la réforme du système de santé mise en place par son prédécesseur. Donald Trump l'a une nouvelle fois qualifiée de "désastre" dans un meeting, samedi 18 février, devant des milliers de personnes rassemblées dans un hangar à l'aéroport de Melbourne, en Floride.

Mais le chantier est compliqué. Difficile de démolir brutalement cette réforme de l'assurance-santé promulguée en 2010 et conçue, rappelle Le Monde, pour offrir une couverture médicale aux 53 millions d’Américains qui en étaient dépourvus. Le 16 février, Donald Trump a affirmé que la suppression de l'Obamacare était bien avancée, et que le nouveau projet sera soumis "début mars ou à la mi-mars". Un peu plus précis, le président républicain de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, a affirmé, le même jour à la presse, que le projet destiné à remplacer l'Obamacare sera dévoilé dans les dix jours au Congrès.

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