"Je fonctionne à l'instinct" : ce qu'il faut retenir de l'interview surréaliste de Donald Trump à "Time Magazine"

"Time Magazine" a obtenu le premier entretien accordé à la presse écrite par le 45e président des États-Unis.

Donald Trump, le 20 mars 2017, à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis).
Donald Trump, le 20 mars 2017, à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis). (MOLLY RILEY / AFP)

"La vérité est-elle morte ?" Voilà ce que l'on peut lire en une de Time Magazine, vendredi 24 mars. Pour répondre à cette question, un journaliste de l'hebdomadaire a interviewé un fin connaisseur des "fake news" Donald Trump. Tant comme candidat que comme président, il a en effet diffusé de fausses informations à plusieurs reprises. Franceinfo a retenu les meilleurs moments de cet entretien à la tonalité surprenante.

Il "fonctionne à l'instinct"

De ses propos sur la réaction des musulmans lors du 11-Septembre à ses accusations contre Barack Obama, Donald Trump défend ses affirmations controversées en mettant en avant… son "instinct". "Que puis-je vous dire ? J'ai tendance à avoir raison. Je fonctionne à l'instinct, il se trouve que je suis une personne qui sait comment la vie fonctionne", affirme le 45e président des Etats-Unis.

"Je fonctionne beaucoup à l'instinct mais mon instinct se révèle juste", ajoute-t-il dans cet échange (en anglais) au cours duquel il s'en prend à plusieurs reprises au journaliste qui l'interroge.

Il aurait prédit le Brexit (mais en fait non)

Pour prouver que son instinct est infaillible, Donald Trump donne un exemple : le Brexit. "J'ai prédit beaucoup de choses (...). J'ai dit, le Brexit va avoir lieu, et tout le monde a ri, et le Brexit a eu lieu", affirme-t-il.

Pourtant, interrogé sur le sujet à la veille du scrutin britannique, le candidat républicain s'était montré beaucoup moins catégorique : "Il ne faut pas que les gens m'écoutent car je ne me suis pas trop intéressé à la question", avait-il avoué, tout en se déclarant favorable à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne…

Il confirme des fraudes massives pendant l'élection (sans preuve)

Depuis de longs mois, Donald Trump n'en démord pas : plusieurs millions de personnes ont, selon lui, voté illégalement lors du scrutin du 8 novembre. "Je pense que l'on verra que j'ai eu raison aussi là-dessus", répond-il quand le journaliste lui demande de s'exprimer à nouveau sur le sujet.

Problème : aucune preuve de fraudes massives lors des élections de 2016 n'a été apportée à ce jour, et la plupart des ténors démocrates comme républicains ont catégoriquement écarté cette théorie.

Il refuse de reconnaître ses imprécisions

Le journaliste questionne Donald Trump sur d'autres fausses informations lancées au cours des derniers mois. Par exemple, l'affirmation selon laquelle le père du sénateur Ted Cruz, son ancien rival républicain, aurait été vu en présence de Lee Harvey Oswald, l'assassin de John F. Kennedy.

"C'était dans le journal, répond le président américain. Pourquoi dites-vous que je devrais m'excuser ? Je ne fais que citer le journal." Étant donné la portée de ses propos, n'est-il pas préférable pour un président des Etats-Unis de ne mettre en avant que des informations qui ont été vérifiées ? insiste le journaliste. "Je n'affirme pas, je cite", rétorque Donald Trump.