Terrorisme : ces affaires dans lesquelles le jihadiste français Rachid Kassim est impliqué

Le jeune homme de 29 ans, qui a rejoint les rangs de l'Etat islamique, est impliqué, comme instigateur ou comme inspirateur dans plusieurs attentats ou projets d'attaques sur le sol français ces dernières semaines.

Une image de Rachid Kassim tirée d\'une vidéo de propagande de l\'Etat islamique, en juillet 2016.
Une image de Rachid Kassim tirée d'une vidéo de propagande de l'Etat islamique, en juillet 2016. (AFP PHOTO / HO / WELAYAT NINEVEH)

Depuis la zone irako-syrienne, au sein de l'organisation Etat islamique, il incite de jeunes Français à passer à l'acte sur le sol national. Selon les enquêteurs, Rachid Kassim a été en lien avec plusieurs individus ayant déjà frappé ou s'apprêtant à passer à l'acte. Ce Français de 29 ans, originaire de Roanne (Loire), a quitté la France en 2012 pour rejoindre l'Egypte, puis l'Etat islamique, d'où il lance des appels au meurtre via des vidéos de propagande. Surtout, il distille consignes, cibles potentielles ou modes opératoires à ses 300 abonnés sur l'application de messagerie cryptée Telegram, où il signe ses messages sous le pseudonyme "Sabre de lumière".

Quelques jours après l'attaque au camion de Nice, en juillet, il est apparu dans une vidéo, félicitant Mohamed Lahouaiej Bouhlel puis décapitant un otage. S'il n'a a priori pas de lien direct avec l'attentat de Nice, Rachid Kassim apparaît dans "une dizaine d'enquêtes" sur des attentats ou des projets d'attaques récemment perpétrés ou élaborés en France. Voici les principaux dossiers dans lesquels le nom de ce jihadiste est évoqué.

Le passage à l'acte imminent de trois adolescents

En moins d'une semaine, trois adolescents de 15 ans ont été arrêtés en région parisienne. Tous fichés S, ils se disaient prêts, chacun de leur côté, à commettre des attaques meurtrières, après avoir été en contact avec Rachid Kassim.

Le premier, repéré sur les réseaux sociaux, a été interpellé le 8 septembre à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), puis écroué samedi. Il a été arrêté car les propos qu'il tenait sur Telegram laissaient supposer la possibilité d'un passage à l'acte. Connu des services, l'adolescent était déjà mis en examen dans un autre dossier pour avoir fait la propagande de l'Etat islamique.

Le deuxième a été arrêté le 10 septembre chez sa mère dans le 12e arrondissement de Paris car "des indices ont fait craindre un possible passage à l'acte imminent" sur la promenade de la coulée verte, tout près de son domicile. L'adolescent a reconnu, au cours de sa garde à vue, avoir voulu "mourir en martyr après avoir tué tout un tas de kouffars" (c'est-à-dire de non-musulmans) à l'arme blanche. Lui aussi était déjà connu des services de renseignement, et était assigné à résidence dans le cadre de l'état d'urgence.

Le troisième, arrêté le 14 septembre au petit matin dans le 20e arrondissement de Paris, "s'était proposé pour une action terroriste", selon des sources proches du dossier. Lui aussi était en lien via la messagerie cryptée Telegram avec Rachid Kassim.

Après ces trois interpellations, peut-on dire que la cellule sur laquelle Rachid Kassim exerce son influence est démantelée ? Non, selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve : "Ces communications interviennent chaque jour et nous ne pouvons pas dire que les interpellations éteignent totalement le risque", a déclaré le ministre de l'Intérieur. 

L'attentat raté aux bonbonnes de gaz du commando de femmes 

Rachid Kassim aurait également piloté le projet d'attentat du commando de femmes arrêté la semaine dernière après la découverte d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz en plein cœur de Paris.

Détail troublant : le mode opératoire suivi par Inès Madani, 19 ans, Sarah Hervouët, 23 ans, et Amel Sakaou, 39 ans, correspond exactement aux consignes postées par Rachid Kassim sur Telegram. Voici ce qu'il écrivait à ses abonnés début août : "Remplir les véhicules de bonbonnes de gaz... Les asperger d'essence, se garer dans un endroit fréquenté... Boom."

Le prosélytisme de deux ados arrêtées en août

Le nom de Rachid Kassim apparaît encore dans deux enquêtes concernant deux jeunes filles arrêtées en août. L'une, interpellée à Melun (Seine-et-Marne), a été écrouée le 8 août. Elle relayait sur Telegram des appels à commettre des attentats et se disait elle-même prête à passer à l'acte. L'autre, interpellée mi-août à Clermont-Ferrand, a également été placée en détention provisoire après l'interception de "messages inquiétants" postés sur Telegram.

L'assassinat du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray

Des conversations Telegram entre Rachid Kassim et les assassins du prêtre Jacques Hamel, à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), ont été découvertes par les enquêteurs. Kassim est suspecté d'avoir exercé au minimum "une influence virtuelle dans le passage à l'acte" voire "délivré directement ses consignes" aux deux jeunes tueurs.

Une semaine après l'assassinat, un enregistrement audio et des photos ont été diffusés sur le compte Telegram d'Adel Kermiche, l'un des deux assaillants, pourtant abattu lors de l'assaut de la police. Les enquêteurs pensent que l'auteur de ces messages n'est autre que Rachid Kassim, à qui Adel Kermiche aurait transmis ses codes d'accès avant de mourir.

Le meutre d'un couple de policiers à Magnanville

Rachid Kassim a été "l'inspirateur" de Larossi Abballa, qui a tué un policier et sa compagne le 13 juin à Magnanville (Yvelines). "Abballa faisait partie de son groupe Telegram, et Kassim a eu une véritable influence dans cette affaire", selon une source proche du dossier.