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Que sait-on de l'exécution du journaliste américain James Foley par les jihadistes de l'Etat islamique?

Dans une vidéo diffusée sur internet, l'Etat islamique décapite un journaliste indépendant.

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France Télévisions
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Le reporter James Foley à Alep, en Syrie, en septembre 2012. (MANU BRABO / AP / SIPA)

La vidéo est intitulée Un message pour l'Amérique. Il s'agit des terribles images de la décapitation du journaliste James Foley, 40 ans, disparu en Syrie en 2012. Les jihadistes de l'Etat islamique ont diffusé cette vidéo sur internet en réponse aux frappes aériennes américaines en Irak, mardi 19 août.

Les services du renseignement américains ont analysé la vidéo et la Maison Blanche a confirmé, mercredi 20 août, son authenticité. Dans la foulée, Twitter a retiré toutes les images de l'exécution sauvage. Francetv info résume ce que l'on en sait.

Que montre cette vidéo ?

Dans cette vidéo, le journaliste James Foley est agenouillé au sol, dans une tenue orange. A côté de lui se tient un homme vêtu de noir, le visage masqué. Le journaliste lit un message rédigé par ses bourreaux, dans lequel il explique que son "vrai assassin est l'Amérique". "J'aurais aimé avoir plus de temps. J'aurais aimé avoir l'espoir de retrouver la liberté pour voir ma famille une fois encore", ajoute-t-il.

Au moment où le bourreau approche un couteau de la gorge de James Foley, l'image devient noire pendant une seconde. On peut ensuite voir un corps sans tête. The Daily Beast (en anglais) émet une hypothèse pour expliquer le montage : "On peut supposer que les auteurs de la vidéo ont pensé que l'acte de la décapitation était trop atroce pour le type de public qu'ils veulent atteindre : la génération jeux vidéo d'apprentis jihadistes à travers le monde."

Qui est James Foley ?

James Wright Foley travaillait au Moyen-Orient depuis cinq ans lors de son enlèvement par des hommes armés dans la province d'Idleb, en Syrie, le 22 novembre 2012. Ce reporter indépendant travaillait pour le Global Post, l'AFP et d'autres médias internationaux. A l'époque, de nombreux éléments indiquaient qu'il avait été enlevé par des miliciens pro-Assad et remis aux services secrets syriens. Ses proches et employeurs n'avaient plus jamais eu de ses nouvelles.

Né dans le New Hampshire et diplômé d'une école de journalisme en 2008, il était parti travailler en Irak, en Afghanistan et dans d'autres zones de conflit. Ses proches le décrivent comme "juste, curieux et d'humeur égale", rapporte CNN (en anglais). "Les hommes l'aiment pour son humour et sa tendance à appeler tout le monde 'mon pote' après la première poignée de main. Les femmes l'aiment pour son grand sourire, ses épaules larges et parce que… elles l'aiment bien", écrivait la reporter Clare M. Gillis sur son blog (en anglais), en 2013, six mois après l'enlèvement de son ami.

Sur Facebook (en anglais), Diane, la mère de James Foley, a écrit n'avoir "jamais été aussi fière" de lui, qui a "donné sa vie pour exposer au monde la souffrance du peuple syrien". "Il était un fils, un frère, un journaliste, une personne extraordinaire", ajoute-t-elle.

Y a-t-il d'autres otages ?

Dans son hommage à son fils, Diane Foley "implore les kidnappeurs d'épargner la vie des autres otages. Ils sont innocents. Ils n'ont aucun contrôle sur la politique américaine en Irak, en Syrie, ou ailleurs." L'Etat islamique affirme en effet détenir un autre journaliste américain, Steven Sotloff, et prévient que son sort dépendra des décisions à venir de Barack Obama. Steven Sotloff, qui écrit pour le magazine Time et le site d'information Foreign Policy, aurait été capturé à la frontière entre la Syrie et la Turquie, en 2013.

Le Comité de protection des journalistes estime que vingt reporters sont toujours portés disparus en Syrie, dont la plupart seraient désormais aux mains de l'Etat islamique.

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