Irak : retour sur la radicalisation de Djamila Boutoutaou

Condamnée mardi 17 avril à la prison à perpétuité par un tribunal irakien, Djamila Boutoutaou maintient avoir été dupé par son mari jihadiste. Sa mère avait alerté les autorités depuis plusieurs années.

France 3

Après son arrestation, Djamila Boutoutaou a vécu dans un camp au nord de l'Irak avec d'autres femmes de jihadistes. Des journalistes britanniques ont pu la rencontrer il y a quelques mois. La maman d'une petite fille de deux ans se présente comme une victime dupée par son mari qui l'aurait forcé à rejoindre le groupe État islamique. "Quand ils m'ont dit qu'il était mort, j'ai juste dit 'OK, merci pour l'information'. Pour moi, c'est juste un monstre", confiait-elle à l'époque, affirmant n'avoir eu aucun moyen de s'échapper.

Les autorités alertées par sa mère

Sa radicalisation et son départ pour l'Irak auraient-ils pu être évités ? Sa mère avait rapidement décidé de tirer la sonnette d'alarme sans aucune réaction des autorités. "Elle a fait de nombreux signalements (...), elle expliquait que sa fille était sous l'emprise d'un manipulateur", assure Audrey Foulon, du centre national d'accompagnement familial face à l'emprise sectaire. Comme Djamila Boutoutaou, plus de 290 jihadistes étrangères ont été condamnées à mort ou à la perpétuité par des tribunaux irakiens depuis le début de l'année.

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La Française Djamila Boutoutaou lors de son procès à la Cour pénale de Bagdad (Irak), le 17 avril 2018.
La Française Djamila Boutoutaou lors de son procès à la Cour pénale de Bagdad (Irak), le 17 avril 2018. (AMMAR KARIM / AFP)