Ce que l'on sait de la mort d'Abou Ibrahim Al-Qourachi, le chef du groupe Etat islamique tué lors d'une opération américaine en Syrie

Cet Irakien de 45 ans dirigeait l'EI depuis 2019. Il a préféré se faire exploser plutôt que de se rendre aux soldats américains, dans la région d'Atmé, dans le nord-ouest de la Syrie.

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Des débris de la maison où le chef de l'EI, Abou Ibrahim Al-Qourachi, a été tué lors d'un assaut des forces spéciales américaines, le 3 février 2022, à Atmé, en Syrie. (EYEPRESS NEWS / AFP)

Le dirigeant du groupe Etat islamique (EI), Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, a été tué lors d'une opération américaine dans le nord de la Syrie, jeudi 3 février. "[Nous avons] éliminé une menace terroriste majeure", s'est félicité Joe Biden lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, jeudi. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait de cet assaut, qui a également fait plusieurs morts parmi les civils.

Il était à la tête de l'EI depuis deux ans

De son vrai nom Amir Mohammed Saïd Abdel Rahman Al-Mawla, le chef de l'EI était un jihadiste aux multiples noms d'emprunt, présenté par le groupe jihadiste comme "l'émir" Abou Ibrahim Al-Hachimi Al-Qourachi. Egalement surnommé "le professeur" ou le "destructeur", il était de nationalité irakienne et avait 45 ans.

Il avait succédé fin octobre 2019 au précédent chef de l'organisation terroriste, Abou Bakr Al-Bagdadi, tué lors d'un autre raid des forces spéciales américaines. Très peu connu du grand public, Abou Ibrahim Al-Qourachi avait notamment dirigé le massacre de la minorité kurdophone des Yézidis.

Selon des responsables américains cités par le New York Times (article en anglais), les services de renseignement ont appris, courant 2021, qu'Abou Ibrahim Al-Qourachi se trouvait dans la région d'Atmé, dans le nord-ouest de la Syrie. Le bâtiment dans lequel il vivait a été identifié avec plus de précision courant décembre. Le propriétaire du bâtiment a déclaré à l'AFP qu'il y vivait depuis onze mois. 

Il s'est tué lui-même pour éviter d'être capturé

Le raid contre Al-Qourachi a duré environ deux heures. L'assaut a été mené par "environ deux douzaines" de membres des forces spéciales, arrivés en hélicoptère et bénéficiant du soutien de drones armés et d'avions de chasse, selon le New York Times. Le président américain, Joe Biden, et sa vice-présidente, Kamala Harris, ont suivi les opérations depuis une salle de commandement de la Maison Blanche.

Kamala Harris et Joe Biden supervisent une opération militaire contre le groupe Etat islamiste depuis Washington (Etats-Unis), le 3 février 2022. (EYEPRESS NEWS / AFP)

La Maison Blanche et des responsables de l'armée américaine ont affirmé que le chef de l'EI était mort en faisant exploser une bombe pour éviter d'être capturé. "Il s'est tué ainsi que sa famille proche sans combattre, alors même que nous essayions de l'appeler à se rendre", a déclaré le général Kenneth McKenzie, chef du Commandement central de l'armée américaine."En raison de l'explosion au deuxième étage, les forces américaines ont découvert l'émir de l'EI mort par terre à l'extérieur du bâtiment", a-t-il ajouté, avant de préciser que les "analyses d'empreintes digitales et ADN avaient confirmé" son identité.

Plusieurs civils sont morts durant l'assaut

Des responsables américains ont déclaré qu'au moins trois civils avaient péri pendant le raid, en plus d'Al-Qourachi et de deux autres personnes. Dix autres, dont huit enfants, ont été évacués sains et saufs par les forces spéciales.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays, a de son côté fait état de 13 morts. L'ONG affirme que l'un des principaux associés du chef jihadiste a également été tué lors de l'opération.

Lors d'une conférence de presse, jeudi, Joe Biden a expliqué avoir privilégié une opération commando afin de "minimiser les victimes civiles". "Sachant que ce terroriste avait choisi de s'entourer de familles, y compris d'enfants, nous avons fait le choix d'un raid des forces spéciales, beaucoup plus risqué pour nos soldats, plutôt que de le cibler avec une frappe aérienne", a-t-il détaillé.

Les Etats-Unis promettent de traquer le prochain chef de l'EI

L'assaut de l'EI contre la prison de Ghwayran, lancé fin janvier, avait fait craindre une résurgence du groupe terroriste, près de trois ans après la fin de son "califat". Après la mort d'Al-Qourachi, l'organisation devra toutefois se réorganiser et trouver un nouveau leader. Selon l'AFP, plusieurs experts estiment qu'il s'agira très probablement d'un autre Irakien.

La Maison Blanche a affirmé à CNN (lien an anglais), jeudi 3 février, que le prochain chef de l'organisation "connaîtrait le même destin" qu'Abou Ibrahim Al-Qourachi. Un haut responsable a également précisé que les Etats-Unis mèneraient d'autres opérations visant à réduire la capacité de l'EI à mener des attaques.

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