Bataille de Mossoul : les forces irakiennes avancent lentement dans les quartiers de la ville

Les combattants kurdes irakiens resserrent l'étau autour de la capitale auto-proclamée des jihadistes de l'organisation Etat islamique. Ils ont pris, mercredi, la ville de Bachiqa, au nord-est de Mossoul.

Un peshmerga à Bachiqa, au nord-est de Mossoul, le 8 novembre 2016.
Un peshmerga à Bachiqa, au nord-est de Mossoul, le 8 novembre 2016. (ODD ANDERSEN / AFP)

Au 24e jour de la bataille de Mossoul, les combattants kurdes irakiens ont fait sauter l'un des derniers verrous du groupe Etat islamique aux portes de Mossoul. Ils ont pris la ville de Bachiqa, mercredi 9 novembre, à une douzaine de kilomètres au nord-est de Mossoul, et entament les opérations de déminage. Parallèlement, dans les quartiers de l'est de Mossoul, les forces irakiennes continuent à traquer les jihadistes, rue après rue, maison après maison. 

Une progression lente et prudente

Les forces irakiennes avancent lentement dans les quartiers urbains de l'est de Mossoul, freinées par la résistance des jihadistes et la difficulté d'utiliser leurs armes lourdes en zone habitée.

La progression des troupes se fait rue par rue, parfois maison par maison. Les unités reçoivent des ordres stricts de progression mesurée. Le lieutenant-colonel qui commande ce régiment de la 9e division blindée décrit les dangers auxquels ses hommes sont exposés : "Il y a des kamikazes à pied, des voitures piégées, des snipers, des mitrailleuses lourdes... On a d'ailleurs réussi à leur prendre quelques armes : des mortiers, des fusils mitrailleurs."

En une demi-heure, on a progressé de 400 mètres dans deux quartiers. C'est sûr, il y a de la résistance, mais on a réussi à la déborder.Le commandant d'un régiment de la 9e division blindée

La bataille sera longue

Une progression de 400 à 600 mètres par jour, cela représente seulement un gros pâté de maisons. Mais la prudence des combattants s'explique aussi par l'impératif de protection des civils. Les armes lourdes – chars, artillerie – sont suffisamment puissantes pour détruire en deux ou trois coups une maison dans laquelle se cacherait un sniper. Or presque toutes ces maisons sont habitées.

Dans le quartier al-Intissar, district au sud-est de Mossoul, la majorité de la population n'a pu sortir, très difficile donc d'y tirer à l'arme lourde sans risquer de nombreux "dommages collatéraux", comme disent les militaires.

Les jihadistes, pour leur part, ne s'embarrassent pas de précaution. Des attaques-suicides retentissent dans le quartier; des voitures piégées, bourées d'explosifs détonnent, ravageant souvent les maisons des civils à proximité.

Les forces irakiennes se dirigent désormais lentement vers le centre et le fleuve Tigre, qui traverse la ville. Elles vont essayer d'atteindre la route entre Mossoul et Kirkouk.