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En Irak, les jihadistes progressent vers Bagdad

Les combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont pris au moins deux villes, dont Mossoul, la deuxième agglomération du pays. Ils font désormais route vers la capitale. 

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Un véhicule des forces de sécurité irakiennes se consume, après l'attaque de rebelles jihadistes, le 11 juin 2014 à Mossoul, la deuxième ville d'Irak.  (REUTERS)

Leur avancée est fulgurante. Les rebelles jihadistes sunnites ont pris, mercredi 11 juin, une nouvelle ville en Irak, après s'être emparés, la veille, de Mossoul, la deuxième ville du pays. Cette avancée de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) face à des forces gouvernementales en déroute et un pouvoir chiite impuissant risque de plonger ce pays pétrolier dans le chaos.

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Où se trouvent les rebelles ? 

Après avoir pris toute une province mardi, les jihadistes font désormais route vers Bagdad. Leur dernière conquête est Tikrit, une ville située à 160 km au nord de la capitale irakienne. "Tout Tikrit est [tombée] aux mains des insurgés", après deux heures de combats avec les forces de sécurité, a indiqué un responsable. 

Ils ont aussi tenté de prendre Samarra, à une centaine de kilomètres de Bagdad et Baji, où se trouve l'une des plus grandes raffineries du pays, selon des témoins. En vain. L'EIIL a pris en otages 49 Turcs au consulat de Turquie à Mossoul, parmi lesquels le consul et des membres des forces spéciales. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a menacé l'EIIL des "représailles les plus sévères" en cas de menaces sur les otages.

Parallèlement, les attentats anti-chiites n'ont connu aucun répit, faisant près de 40 morts. L'EIIL, qui ambitionne d'installer un Etat islamique, a prévenu qu'il "n'arrêtera pas la série d'invasions bénies". Le groupe a diffusé mercredi sur internet des photos de jihadistes créant une route entre la Syrie et l'Irak en aplanissant au bulldozer un mur de sable.

Que répond le pouvoir en place ? 

Face à l'avancée dans le Nord des combattants jihadistes aguerris, soldats et policiers ont montré peu de résistance. Impuissant et miné par des clivages confessionnels, le gouvernement irakien a appelé le Parlement à décréter "l'état d'urgence"

Du côté de la population, cette offensive a poussé des milliers d'habitants à l'exode. Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), "plus de 500 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur et autour de Mossoul", qui compte habituellement deux millions d'habitants.

Irak : plus de 500 000 personnes fuient les villes prises par les jihadistes (REUTERS et APTN)

Comment réagit la communauté internationale ? 

Deux ans et demi après leur retrait militaire du pays, les Etats-Unis ont promis, mercredi, d'aider l'Irak face à cette offensive. Washington "se tient prêt" à venir en aide à Bagdad face à "l'agression" de l'EIIL, a déclaré la porte-parole du département d'Etat, ajoutant qu'il fallait "s'attendre à une augmentation de l'assistance" américaine pour répondre à une "très grave dégradation de la situation" sur le terrain. Interrogé sur la nature de cette aide, un diplomate américain a évoqué "davantage d'armements".

La diplomatie américaine s'est toutefois défendue d'avoir été prise par surprise. Le département d'Etat a même affirmé avoir exprimé, depuis plusieurs mois, ses "inquiétudes" à propos de la "menace terroriste" que l'EIIL fait peser pour toute la région.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé la communauté internationale à s'unir derrière l'Irak.

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