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Gaza : l’Egypte, ambiguë, au centre des négociations

Le cessez-le-feu actuellement en vigueur à Gaza a été négocié par le Caire. Il met ainsi en lumière le rôle du voisin égyptien toujours présent dans ce conflit qui dure depuis plus de 60 ans.
Article rédigé par Elise Delève
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
  (Le général Al-Sissi, joue un rôle déterminant dans la recherche d'un processus de paix © REUTERS |  Mohamed Nureldin Abdallah)

Après un mois de guerre, les armes se sont tues mardi matin dans la bande de Gaza. Un cessez-le-feu de 72 heures accepté à la fois par Israël et le Hamas. Des discussions doivent à présent s'ouvrir au Caire, entre Israéliens et Palestiniens sous l'égide de l'Egypte. Car le voisin égyptien et le général Al-Sissi jouent un rôle déterminant dans la recherche d'un processus de paix.

 

"Il n'a jamais été possible d'exclure l'Egypte d'un accord sur un cessez-le-feu, elle était déterminée à ne pas être marginalisée et à ne pas perdre sa primauté dans le processus de médiation ", explique Nathan Thrall, du bureau de Jérusalem d'International Crisis Group (ICG).

L’Egypte ambiguë

La position de l’Egypte est cependant, pour Jean-Paul Chagnollaud spécialiste du conflit israélo-arabe, très ambiguë. Notamment parce qu’elle ne s’entend pas du tout avec le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. "Le maréchal Al-Sissi doit à la fois devenir un acteur régional important avec les Etats-Unis, et en même temps, il n’est pas question de faire des cadeaux au Hamas ", analyse le spécialiste.

 

"L'Egypte regarde Gaza et le Hamas dans le prisme de son propre combat contre ses Frères musulmans" (Nathan Thrall, du bureau de Jérusalem d'International Crisis Group)

 

Une haine de la part du Hamas, même, qui voit le gouvernement égyptien réprimander dans le sang la confrérie des Frères musulmans dont il est issu. Le Caire accuse parfois le Hamas d’aider les Frères musulmans égyptiens à fomenter des "attaques terroristes " en Egypte. 

L’Egypte montre ainsi qu’elle est indispensable et donne une leçon au Hamas : rien ne peut se faire à Gaza sans passer par elle. Pour Nathan Thrall, "l'Egypte regarde Gaza et le Hamas dans le prisme de son propre combat contre ses Frères musulmans. Pour l'Egypte, le Hamas est l'unique ennemi et cela ne change rien, même s'il y a des négociations ".

"Une situation qui sert les intérêts israéliens"

Cette stratégie aurait tendance à servir les intérêts d’Israël. L’armée égyptienne collabore régulièrement avec l’armée israélienne, notamment pour déjouer les tirs de roquettes depuis le Sinaï égyptien. "Il ne faut pas oublier que l’Egypte est en paix avec Israël ", souligne Jean-Paul Chagnollaud, spécialiste du conflit israélo-arabe.

 

Les négociations vont cependant être compliquées. Pour l'instant, l'accord de cessez-le-feu "ne prévoit que le retour au calme ", a rappelé à l'AFP Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Le Hamas est accusé d’avoir déjà rompu une trêve déjà une fois. Le mouvement islamiste continue quant à lui de réclamer la levée du blocus israélien qui étouffe l’enclave. Israël a retiré ses troupes de Gaza mais reste caché derrière l’argument de sa sécurité pour justifier son inflexibilité dans les négociations. 

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