"Ocean Viking" : que vont devenir les 230 migrants débarqués à Toulon ?

Le navire humanitaire a débarqué environ 230 migrants secourus en Méditerranée au port militaire de Toulon. Une partie sont hébergée à Hyères, sur la presqu'île de Giens, dans un village vacances. 

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Radio France
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Des migrants secourus par l'"Ocean Viking" dans un centre de vacances de la presqu’Île de Giens, le 11 novembre 2022. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Ils sont arrivés vendredi 11 novembre sur le sol français, mais tous ne seront pas accueillis en France : les 234 naufragés à bord de l'Ocean Viking, que la France a finalement décidé d'accueillir dans le port de Toulon après un bras de fer entre Rome et Paris sur la question du droit maritime, sont pour la plupart retenus depuis en zone d'attente dans un centre de vacances de la presqu'Île de Giens. Franceinfo fait le point sur leur avenir et leurs prises en charge par les autorités françaises.

Des mineurs non accompagnés confiés au dispositif de protection de l’enfance

Les enfants et les adolescents arrivés en France sans leurs parents, qu'on appelle les mineurs isolés ou mineurs non accompagnés, bénéficient d’une protection maximale au nom de la protection de l’enfance. Ils étaient 44 sur ce bateau et ont tous été installés à part dans un hôtel de Toulon. Ils reprennent goût à la vie, explique Christophe Paquette, directeur général adjoint chargé de la solidarité au département du Var, qui a pu leur rendre visite. "J'étais assez frappé par certains enfants, raconte-t-il, notamment une jeune fille qui était pratiquement prostrée quand elle est arrivée et puis qu'on voyait avec le sourire le lendemain. Ce sont des enfants, donc on fait avec eux des chansons, des dessins et des jeux. Et progressivement, il y a les voix qui se détendent et qui s'ouvrent. Il est vrai que c'est assez chouette de les voir s'ouvrir, aller mieux et être soulagés."

Ces mineurs, 39 garçons et cinq filles, vont donc pouvoir aller à l’école et apprendre le français. Ils ont reçu des vêtements notamment des chaussures, la plupart n’en avaient pas. Ils ne sont pas expulsables, jusqu'à leur majorité en tout cas. Leur intégration est très souvent exemplaire, ajoute Christophe Paquette : "L'expérience que l'on a, c'est que généralement ce sont des beaux parcours d'intégration. J'ai en tête des jeunes qui étaient meilleurs apprentis de France."

"On a des belles réussites d'intégration. Ce sont souvent des jeunes qui, quand ils sont en apprentissage, sont très appréciés par les employeurs."

Christophe Paquette, directeur général adjoint chargé de la solidarité au département du Var

à franceinfo

En principe, après cinq jours de mise à l’abri, les 44 mineurs non accompagnés seront répartis dans plusieurs départements de l'Hexagone.

Des demandes d'asile examinées pour les autres migrants

Il reste environ 190 migrants, dont une dizaine d’enfants accompagnés de leur parent. Ils sont dans une zone d’attente, enfermés dans un centre de vacances de la presqu’Île de Giens. Des conditions de vie très correctes mais sous la surveillance de plusieurs dizaines de gendarmes. Pour l’instant, à notre connaissance, aucun n’a quitté la France pour un des neuf pays qui doivent accueillir les deux tiers de ces réfugiés. Selon le gouvernement, il s'agit de l’Allemagne, la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie, la Lituanie, Malte, le Portugal, le Luxembourg et l'Irlande.

Seize agents de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), entendent ces migrants l'un après l'autre dans leur langue d’origine avec un interprète. Des officiers de protection sont arrivés sur place. Ils vont réaliser des "entretiens personnalisés pour comprendre exactement qui est qui, en fonction de la nationalité", expliquait sur franceinfo Didier Leschi, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). 

"Nous savons par expérience et par continuité des échanges sur les nationalités qui relève d'un besoin de protection ou pas."

Didier Leschi, le directeur général de l'Ofii

sur franceinfo, samedi 12 novembre

Ces entretiens doivent s’achever mardi. Si la demande d'asile est considérée comme fondée, le naufragé est autorisé à entrer en France pour la déposer de façon officielle. En revanche, si la demande est manifestement infondée, le demandeur se verra opposer un refus d’entrée sur le territoire et pourra être maintenu en zone d’attente avant d’être renvoyé dans son pays.

Parmi ces réfugiés, la jurisprudence nous dit que les Syriens ou les Erythréens obtiennent généralement le droit d’asile. C’est beaucoup plus incertain pour les Égyptiens, et franchement compromis pour les Pakistanais ou encore les ressortissants du Bengladesh. Ces derniers représentent, selon nos sources, un tiers environ de ces naufragés.

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