Migrants : Christophe Castaner accuse "certaines ONG" de "réelle collusion" avec les passeurs

Le ministre de l'Intérieur affirme notamment que certaines organisations sont "en contact téléphonique avec des passeurs". Emmanuel Macron avait tenu des propos similaires au sujet d'une ONG en 2018.

Des migrants débarquent du navire humanitaire \"Sea Watch 3\" après avoir été secourus en mer, le 31 janvier 2019 à Catane (Italie).
Des migrants débarquent du navire humanitaire "Sea Watch 3" après avoir été secourus en mer, le 31 janvier 2019 à Catane (Italie). (ANTONIO PARRINELLO / REUTERS)

La déclaration ne manquera pas de relancer une polémique persistante. Christophe Castaner a estimé, vendredi 5 avril, que les ONG qui interviennent en Méditerranée pour secourir des migrants "ont pu se faire complices" des passeurs, accusant même "certaines" de ces organisations de "réelle collusion" avec ces derniers.

Le ministre de l'Intérieur, qui s'exprimait dans le cadre d'une conférence de presse avec ses homologues du G7, a notamment affirmé avoir noté "que certaines ONG étaient en contact téléphonique avec des passeurs". Il a également jugé que "les ONG jouent un rôle essentiel pour apporter de l'aide aux migrants", mais les appelées à "avoir une attitude responsable".

Pas un "soutien" à Salvini, assure le ministre

La veille, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, avait dénoncé devant la presse le rôle des ONG en Méditerranée en affirmant avoir reçu le soutien de ses collègues français, allemand et britannique et de l'ensemble du G7 sur sa position.

"Ne cherchez pas à interpréter le fait que je vous rappelle cela comme un soutien ou un lien particulier qui existe avec Matteo Salvini", s'est défendu Christophe Castaner vendredi, affirmant que c'est "la majorité précédente en Italie qui avait établi que dans certaines circonstances et dans certains cas, certains bateaux d'ONG avaient des liens particuliers avec des réseaux de passeurs".

En juin 2018, Emmanuel Macron avait tenu des propos similaire à ceux de Christophe Castaner, en condamnant l'intervention du navire humanitaire allemand Lifeline, qui avait secouru 233 migrants en mer et refusé de les livrer aux gardes-côtes libyens. "A la fin, on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage pour les passeurs. C'est d'un cynisme terrible", avait lancé le chef de l'Etat. Il s'était attiré des critiques de l'opposition et de certaines ONG après ces propos.