Reportage Guerre en Ukraine : plongée dans les abris creusés à la pelle par des habitants de Kiev

Plus les jours avancent, plus la résistance ukrainienne face à l'invasion russe se perfectionne. En pleine capitale, quand certains s'entraînent à la guerre, d'autres résistent dans les tranchées. 

Article rédigé par
Marc Garvenes - Vanessa Descouraux
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Evgueni creuse sa tranchée depuis deux jours : un abri souterrain d'1,20 m de haut, consolidé par des blocs de béton, pour se protéger des attaques russes au nord de Kiev. (VANESSA DESCOURAUX / RADIO FRANCE)

Même si le front autour de la capitale semble stabiliser ces derniers jours, les Ukrainiens, militaires ou civils, préparent la bataille de Kiev, que les Russes pourraient lancer. Sur un grand axe au nord de Kiev, entre des centres commerciaux d’un côté et des barres d’immeuble populaires de l’autre, on découvre des scènes qui rappellent les pires heures des guerres mondiales : des hommes creusent des tranchées dans la capitale ukrainienne. 

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Evgueni se distingue ainsi des autres hommes du quartier : il n’a pas d’arme à la main, mais tient une pelle. Cet ancien patron de bar creuse une tranchée sur le terre-plein central de cette 2×2 voies, afin de construire un abri en vue de repousser les Russes et tenir la position. "On ne peut pas ne rien faire. Moi, par exemple, j'ai vu par la fenêtre que des gars creusaient des tranchées. C'était le troisième jour de la guerre. Ce n'est rien de difficile. On creuse, on met le sable dans des sacs, on se défend, on attend l'ennemi." explique-t-il.

Guerre en Ukraine : plongée dans les abris creusés à la pelle par des habitants de Kiev. Le reportage de Vanessa Descouraux et Marc Garvenes
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"Nous n'avons aucune raison de fuir"

La construction de cet abri, qui rappelle une autre guerre, un autre siècle, a été décidée par Sergui, le volontaire armé en charge des fortifications de ce secteur exposé : "La sécurité de nos hommes est la priorité principale. Plus on creuse profondément ces tranchées, plus ce sera sûr pour eux. Qu'importe si cela rappelle les Première ou Deuxième Guerre mondiale, ce sont les règles de la guerre. Nous sommes tous de Kiev, nous n'avons aucune raison de fuir."

Evgueni dans la tranchée qu'il a creusée. (VANESSA DESCOURAUX / RADIO FRANCE)

Dans cet abri souterrain au sol en sable et où l'on ne peut pas tenir debout avec une hauteur d'1,20 m,1,30 m au maximum, les parois sont en béton. Une partie du plafond aussi est consolidée en béton. Des morceaux de bois sont disposés pour pour parfaire la construction de cet abri. A chaque fois qu'Evgueni creuse et qu'il extrait du sable, il remplit des sacs qui ensuite serviront à protéger les barrages des volontaires un peu plus loin. "Personne ne s'attendait à cette guerre, mais tout le monde s'organise vite. Au début, on était choqué et maintenant, on est tous dans l'action. Finalement, c'est bien que les Russes viennent nous chercher des ennuis." fanfaronne-t-il.

"Maintenant, plus rien ne nous arrêtera. On va reprendre nos terres volées, la Crimée et les autres territoires."

Evgueni

à franceinfo

Evgueni a mis plus d’un jour à construire son abri souterrain. C'était pourtant l’objectif qu’il s’était fixé. En cause : des problèmes pour faire arriver tous les matériaux. Les autres volontaires désignés n’ont pas pu l’aider finalement, envoyés à la dernière minute a à un entraînement au combat.

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