Des entreprises françaises ressentent déjà les effets des sanctions économiques contre la Russie : "Les ventes se sont complètement arrêtées"

Si les sanctions économiques imposées par l'Occident à Moscou, après l'invasion de l'Ukraine, font leurs premiers effets, elles ne sont pas non plus sans conséquences sur l'activité de certaines entreprises françaises.

Article rédigé par
Marie Maheux - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La chute du cours du rouble enregistrée lundi a des conséquences concrètes pour la société Spirit France, spécialisée dans la production de spiritueux (illustration), le 9 Février 2021. (GEORGES GOBET / AFP)

Si les liens économiques avec la Russie restent limités pour la France avec seulement 1,3% du total des exportations françaises contre 1,6% des importations, certaines PME commencent déjà à ressentir le retour de boomerang des sanctions économiques prises par les États occidentauxLe gouvernement réunit d'ailleurs mardi 1er mars autour de Franck Riester, ministre délégué en charge du Commerce extérieur et de l'Attractivité, une soixantaine d'entreprises et filières pour évoquer la situation en Ukraine et en Russie. Une autre réunion est programmée mercredi cette fois-ci avec Agnès Pannier-Runacher, la ministre de l'Industrie. 

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L'entreprise normande Spirit France, une société normande d'une quarantaine de salariés exporte du calvados et de l'armagnac, deux produits dont les russes sont très friands. La Russie représente 15% de son chiffre d'affaires. "Nous avons appris que nos deux plus gros distributeurs en Russie ont arrêtés leurs ventes de gros et de détail sur nos produits puisqu'ils achètent en euros chez nous et revendent en roubles sur le marché local, explique Serge Der Sahaguian, le PDG de cette société. Comme ils ne savent pas quel cours appliquer aujourd'hui, les ventes se sont arrêtées complètement"Le rouble russe a plongé de près de 30% par rapport au dollar lundi.

Conséquence directe, cet entrepreneur se retrouve avec une commande de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur les bras.

"On a peu de leviers, on est obligé de voir l'évolution de la situation."

Serge Der Sahaguian, PDG de Spirit France

à franceinfo

"Trouver de nouveaux débouchés, oui, on cherchera ailleurs, reprend le PDG Spirit France. Certainement vers des marchés asiatiques un peu plus lointains. Mais la Russie, c'est pour nous un marché traditionnel bien établi. Récupérer ce qu'on perdra en Russie, ça va prendre plusieurs années." Le fabricant de cosmétiques Pier Augé, installé à Châteauroux était lui sur le point de signer un gros contrat avec un distributeur en Russie mais avec la chute du rouble, la signature est pour l'instant mise en stand-by.

L'aéronautique premier secteur concerné par les exportations 

Difficile de dire combien de PME pourraient être impactées, car on ne connaît pas le nombre exact de petites et moyennes entreprises qui commercent avec la Russie, certaines passant par des distributeurs locaux. Le nombre d'entreprises ayant une filiale en Russie est lui en revanche connu. Et ces sociétés sont au nombre de 700. L'aéronautique représente d'ailleurs le secteur qui exporte le plus vers le pays dirigé par Vladimir Poutine, viennent ensuite les produits chimiques, pharmaceutiques, les parfums et cosmétiques ou encore les machines industrielles et agricoles. Le gouvernement se dit très attentif à la situation et invite les entreprises à faire remonter toutes les difficultés industrielles, financières ou d'approvisionnement qu'elles pourraient rencontrer sur le site internet www.entreprises.gouv.fr

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