Guerre en Ukraine : l'épineuse question de la charge financière des réfugiés dans les familles françaises

Depuis le début du conflit ukrainien, certaines familles s'agrandissent en France : grâce à la solidarité citoyenne, de nombreux ukrainiens sont accueillis dans les foyers français. Mais après plusieurs semaines, sans aide de la part de l'État pour ces familles accueillantes, la question de la charge financière se pose.

Article rédigé par
Arthur Fradin - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Nadia, qui a quitté Odessa face à la guerre en Ukraine, participe activement à toutes les tâches de la maison et espère pouvoir travailler rapidement en France. (ARTHUR FRADIN / RADIOFRANCE)

"Nadia, tu peux m'apporter le jus d'orange ?" Depuis un peu plus d'un mois, Sandrine, qui vit seule, accueille bénévolement chez elle, Nadia, 21 ans, venue d'Odessa, en Ukraine.

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Si la cohabitation se passe bien, il y a quand même un bémol : en ouvrant ses portes à Nadia, le budget courses de cette quadragénaire qui travaille dans la publicité a explosé. "J'ai doublé mon budget, voire un peu plus. Là, je suis à des budgets à peu près de 150-160 euros par semaine", indique-t-elle.

Et son principal défi pour que le frigo ne se vide pas trop vite, c'est donc fixer certaines limites. "Première semaine, j'ai acheté une bouteille de 2 litres de jus d'orange et ça lui fait deux jours. Donc je lui ai fais comprendre qu'il fallait un peu mettre le holà", précise Sandrine qui va désormais tout planifier. "J'ai décidé de faire un tableau Excel : je prévois à l'avance les repas midi et soir sur une semaine et je vide le frigo en fonction de cet agenda que je fais."

200 euros par mois

À côté de cela, d'autres dépenses voient le jour. Nadia est venue avec une valise de vêtements d'hiver. Il va donc falloir faire le tour des friperies, maintenant que les températures grimpent. Pour contribuer aux dépenses, la jeune Ukrainienne aimerait bien travailler, mais elle se heurte à un obstacle de taille : "Nous avons essayé de me trouver quelques petits boulots pour travailler, mais c'est compliqué parce que dès qu'il faut avoir des interactions avec les gens, je n'en suis pas capable à cause de mon niveau de français encore insuffisant."

L'allocation pour demandeur d'asile que Nadia commencera à toucher dans quelques jours devrait lui permettre de soulager un peu Sandrine. Les Ukrainiens y ont aujourd'hui temporairement droit : cela représente environ 200 euros par mois. Malgré tout, pour beaucoup, la situation reste inconfortable, selon Alexandre Delavay. Cet avocat au barreau de Paris accompagne bénévolement des Ukrainiens dans leurs démarches. "Les difficultés financières que rencontrent aujourd'hui les ressortissants ukrainiens, c'est une aide qui est débloquée par l'Etat, mais qui est insuffisante en tant que telle", analyse-t-il, reconnaissant que des inconnues s'ajoutent au problème, comme "le fait qu'il faille compter sur la solidarité des Français, qui est forcément aléatoire, et en même temps, le fait que les fonds dont disposent les personnes en Ukraine mettent du temps avec des problèmes techniques pour être rapatriés vers la France."

À la différence de la France, les particuliers qui hébergent des réfugiés ukrainiens sont indemnisés. Dans certains pays, cela représente huit euros par jour et par personne en Pologne.

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