Brexit : on vous explique les deux options proposées par l'UE à Theresa May

La Première ministre britannique dispose d'une dernière chance pour convaincre le Parlement de voter l'accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

La Première ministre britannique, Theresa May, lors d\'une conférence de presse, le 22 mars 2019, après un sommet européen consacré au Brexit, à Bruxelles (Belgique).
La Première ministre britannique, Theresa May, lors d'une conférence de presse, le 22 mars 2019, après un sommet européen consacré au Brexit, à Bruxelles (Belgique). (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY / AFP)

Oubliez la date du 29 mars, initialement fixée pour officialiser le Brexit. "Le 12 avril est le nouveau 29 mars", résume un responsable européen. L'Union européenne a pris le contrôle du calendrier, jeudi 21 mars, à Bruxelles, lors de la première journée du Conseil européen. Theresa May avait demandé, la veille, une extension de l'article 50, c'est-à-dire un délai pour sortir de l'UE, jusqu'au 30 juin. Cette demande a été rejetée. Mais les 27 ont laissé deux nouvelles options sur la table. Les voici.

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Si les députés britanniques approuvent finalement l'accord de Brexit

Theresa May dispose d'une dernière chance pour faire approuver l'accord conclu entre l'UE et Londres par le Parlement. Si les députés britanniques votent en faveur de cet accord d'ici au vendredi 29 mars, le Royaume-Uni restera membre de l'UE jusqu'au 22 mai, juste avant les élections européennes. Les parlementaires ont déjà rejeté deux fois cet accord. Ce troisième vote pourrait avoir lieu lundi ou mardi.

Le président de la Chambre des communes, John Bercow, a déjà prévenu qu'il était hors de question de faire revoter les élus sur un texte inchangé. Theresa May devra le convaincre que le report de la date du Brexit constitue le changement "substantiel" qu'il réclamait.

C'est donc un délai plus court que celui espéré par Theresa May, mais moins sévère que ce que suggéraient plusieurs dirigeants européens. "Certains pays veulent une deadline plus courte. Ils ne pensent pas que ce soit une bonne idée que le Brexit ait lieu un jour avant les élections", a confié à l'AFP une source européenne. La France en faisait partie : Emmanuel Macron avait avancé la date du 7 mai.

Si les députés britanniques rejettent à nouveau l'accord 

C'est l'option la plus probable. Personne ne croit vraiment que Theresa May puisse convaincre le Parlement d'adopter l'accord conclu avec l'UE. Si les députés britanniques le rejettent, une nouvelle échéance a été fixée au 12 avril. Le Royaume-Uni devra décider avant cette date s'il participe ou non aux élections européennes.

D'ici cette date-clé, "toutes les options vont rester ouvertes", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. "Le gouvernement britannique aura toujours le choix entre un accord, un 'no deal', une longue extension ou une révocation de l'Article 50", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

S'il choisit de participer au scrutin, le gouvernement britannique aura la latitude pour obtenir un nouveau report, au grand maximum jusqu'à fin 2019. Si le Royaume-Uni décide de ne pas prendre part aux élections européennes, il devra alors quitter l'UE, sans accord. Theresa May s'est déclarée, dès jeudi soir, "fortement défavorable à l'idée de demander aux Britanniques de participer à ces élections, trois ans après avoir voté pour quitter l'UE".