Biélorussie : un manifestant meurt en détention, Emmanuel Macron exprime "sa très grande préoccupation"

La Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins de la Biélorussie, ont présenté mercredi un plan de médiation pour sortir de la crise politique qui secoue le pays depuis dimanche.

Un homme est arrêté par la police lors d\'une manifestation contre la réélection du président Alexandre Loukachenko, le 10 août 2020, à Minsk (Biélorussie).
Un homme est arrêté par la police lors d'une manifestation contre la réélection du président Alexandre Loukachenko, le 10 août 2020, à Minsk (Biélorussie). (VASILY FEDOSENKO / REUTERS)

La police biélorusse a confirmé, mercredi 12 août, la mort d'un manifestant interpellé lors d'un rassemblement contre la réélection du président Alexandre Loukachenko. Il s'agit du deuxième décès recensé depuis le début de ce mouvement de contestation violemment réprimé.

Un peu plus tôt, les forces de l'ordre avaient annoncé avoir procédé à un millier de nouvelles arrestations dans la nuit et avoir fait usage de balles réelles la veille. Les forces de sécurité ont, au total, arrêté quelque 6 000 personnes depuis la réélection, dimanche 9 août, du président Alexandre Loukachenko, sans que l'on sache combien sont encore détenues. Le ministère biélorusse de l'Intérieur a pour sa part estimé que la mobilisation des manifestants était désormais en baisse.

La rivale du président, l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa, a revendiqué la victoire, avant de quitter la Biélorussie pour la Lituanie, dans la nuit de lundi à mardi. Un départ sous la menace des autorités, selon ses partisans.

"La nécessité de retrouver la voie du dialogue"

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a condamné mercredi la répression des manifestations. "Les gens ont le droit de s'exprimer et d'exprimer leur désaccord, a fortiori dans le contexte d'élections, quand les libertés démocratiques devraient être maintenues, et non supprimées", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Emmanuel Macron a, de son côté, exprimé mercredi, au cours d'une discussion téléphonique avec Vladimir Poutine, sa "très grande préoccupation" sur la situation en Biélorussie "et la violence opposée aux citoyens lors des élections. Il a souligné la nécessité de retrouver la voie du dialogue", a précisé la présidence. 

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a aussi estimé que le peuple biélorusse avait droit aux "libertés qu'il réclame", tandis que la chancellerie allemande a dénoncé un "climat d'intimidation, de peur et de violence". Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE doivent se réunir vendredi et Bruxelles a menacé de prendre des sanctions contre Minsk.

Un plan de médiation présenté

La Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins de la Biélorussie, ont quant à eux présenté mercredi "un plan en trois points qui pourrait devenir un prélude à la médiation des présidents de la région pour résoudre la crise politique" en Biélorussie, a déclaré à la presse Gitanas Nauseda, le président lituanien.

Dans le cadre de ce plan, le président Alexandre Loukachenko devrait créer un "conseil national" réunissant des représentants du gouvernement et de la société civile, sous peine de sanctions de l'UE, libérer les manifestants détenus et "mettre un terme à l'usage de la force contre ses citoyens", a-t-il indiqué.

"Le président letton et le président polonais voient tous les deux favorablement cette initiative et accepteraient de servir de médiateur avec moi pour désamorcer cette situation", a-t-il ajouté.