Déploiement de la 5G en Europe : la Commission européenne n'écarte pas Huawei mais "établit des règles claires" à respecter

La Commission européenne a dévoilé les règles à respecter pour le déploiement de la 5G, en particulier en matière de sécurité.

Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, à Bruxelles le 29 janvier 2020. 
Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, à Bruxelles le 29 janvier 2020.  (ARIS OIKONOMOU / AFP)

Le protectionnisme n’est pas dans l’ADN de l’Union européenne. Dans la foulée du Royaume Uni, l’UE présente son plan pour protéger les infrastructures de la future 5G. Cette technologie internet mobile ultra rapide devrait révolutionner nos pratiques mais les milliers d’antennes nécessaires qui devront être installées sont autant de points d’entrée pour d’éventuels piratages ou espionnages. Pour l’éviter, les États-Unis demandaient aux occidentaux d’interdire purement et simplement le Chinois Huawei. Une recommandation que l’Europe ne suivra donc pas.  "L’UE ne ferme ni n’ouvre la porte à personne", explique Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur.

Des règles pour "éliminer les risques"

Le marché reste donc ouvert. Mais pour y entrer il faudra respecter un strict cahier des charges. Selon Thierry Breton, "l’Union européenne a établi, pour la première fois, des règles extrêmement claires sur ce qu’il convenait de faire pour éliminer les risques au déploiement des infrastructures 5G" .

Cette Commission définit des règles, tout le monde est le bienvenu, mais tout le monde doit les respecter.Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieurà franceinfo

Il faudra par exemple que les logiciels de maintenance "à distance" des antennes 5G proches de sites sensibles, comme une administration, une centrale nucléaire ou une base militaire, soit localisés dans des centres européens. La Commission veut aussi imposer aux opérateurs télécoms plusieurs fournisseurs pour ne pas être dépendant d’un seul.

Fournisseurs européens

Reste à savoir les fournisseurs qui seront choisis. "Certains industriels ne pourront peut-être pas répondre aux spécifications et ne pourront pas être retenus. D’autres peuvent y répondre peut-être tout de suite. Et c’est tant mieux, nous en avons en particulier en Europe et qui sont parmi les meilleurs au monde.", indique Thierry Breton sans citer Huawei ni même les Européens Nokia et Ericsson.

Enfin, Thierry Breton rappelle que l’Europe est loin d’être à la traîne dans ce domaine. Une façon de rappeler que l’on pourrait sans doute se passer des Chinois à l’avenir. L’Europe détient plus de 50% des brevets mondiaux dans le réseau 5G et l’on se prépare déjà, indique-t-il, à la 6G.