La candidature de Thierry Breton à la Commission européenne validée par les eurodéputés

Une majorité d'entre eux s'est prononcée en faveur du Français pour qu'il devienne commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique.

Thierry Breton le 14 novembre 2019 lors de son audition au Parlement européen.
Thierry Breton le 14 novembre 2019 lors de son audition au Parlement européen. (JOHN THYS / AFP)

Pas de deuxième camouflet pour la France à Bruxelles. Un mois après le rejet très commenté de la candidature de Sylvie Goulard, celle de Thierry Breton a été approuvée par les eurodéputés, jeudi 14 novembre. Malgré les risques de conflits d'intérêts soulevés par certains élus, le Parlement européen a donné son feu vert à l'ex-grand patron et ancien ministre pour qu'il devienne commissaire européen, a annoncé Stéphane Séjourné, chef de file de la délégation française au sein du groupe Renew Europe (RE).

Le choix de l'ancien PDG d'Atos a été approuvé par la droite (PPE), les libéraux et centristes (Renew), les socialistes (S&D) et les conservateurs (ECR). La gauche radicale, les écologistes et l'extrême droite, minoritaires, avaient eux demandé que des clarifications supplémentaires lui soient réclamées par écrit. "J'ai hâte de me mettre au travail pour mettre en œuvre la vision que j'ai développée devant le Parlement européen", a réagi Thierry Breton auprès de l'AFP. La présidence française a de son côté salué "une très bonne nouvelle".

"Commissaire sur l'ensemble du portefeuille"

Lors d'une audition de trois heures, Thierry Breton, qui deviendra la premier grand patron de l'histoire de l'UE commissaire européen, s'est efforcé d'apaiser les craintes des eurodéputés. L'ancien ministre de l'Economie (de 2005 à 2007) a assuré de sa neutralité et de son engagement futurs face à des eurodéputés sceptiques, qui ont mis en avant des risques de conflits d'intérêts pour l'ancien PDG du groupe de services informatiques Atos. En réponse, il a promis d'être "radical" pour éviter tout conflit d'intérêts. Il a indiqué son intention de se récuser sur les sujets qui toucheraient directement Atos, comme "des contrats, des relations financières", qu'il n'aurait pas "à connaître".

Mais de manière plus globale, il a exclu de s'éloigner des questions portant sur les secteurs sur lesquels évolue Atos, comme l'intelligence artificielle, la cybsersécurité ou les supercalculateurs. "Je ne vais pas me déporter du secteur, ce serait une aberration, a-t-il dit. Je serai commissaire sur l'ensemble du portefeuille."

Thierry Breton brigue un large portefeuille économique (politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace) comprenant plusieurs secteurs directement en lien avec son ancienne entreprise.