Volcan Agung à Bali : la dernière grande éruption "avait eu un impact important sur le climat de la Terre", rappelle un volcanologue

Le Mont Agung menace des milliers d'habitants sur l'île de Bali (Indonésie). Le volcanologue Patrick Allard rappelle que la dernière grande éruption, en 1963, avait fait près de 1600 morts et provoqué un refroidissement de la Terre de 0,2 à 0,4 degré, selon les zones.

le Mont Agung à Bali (Indonésie), le 26 novembre 2017.
le Mont Agung à Bali (Indonésie), le 26 novembre 2017. (SONNY TUMBELAKA / AFP)
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Près de 100 000 habitants près du Mont Agungsur l'île de Bali (Indonésie), sont menacés par un volcan qui gronde et crache d'énormes nuages de fumée depuis plusieurs jours. Environ 40 000 personnes ont déjà été évacuées de leurs maisons. Lors de sa dernière grande éruption, en 1963, le volcan avait fait près de 1 600 morts et avait eu "un impact important sur le climat de la terre avec un refroidissement de 0,2 à 0,4 degré, selon les zones", rappelle le volcanologue Patrick Allard, lundi 27 novembre, sur franceinfo. 

franceinfo : L'Indonésie est-elle une zone à forte activité volcanique ?

Oui. C'est même la zone où l'activité volcanique est la plus intense au monde, en termes de concentration de volcans (il y en a plus de 140) et de relations étroites avec de fortes concentrations humaines. Il y a donc un risque très élevé.

Doit-on craindre une éruption rapide du Mont Agung ?

C'est difficile à dire. La dernière grande éruption de l'Agung remonte à 1963, avec des colonnes éruptives qui étaient montées à presque 20 km. Cette éruption avait fait environ 1 600 morts, avec des nuées ardentes et des coulées de boue chaude. Elle avait aussi eu un impact important sur le climat de la Terre à l'époque, avec un refroidissement, selon les zones, de 0,2 à 0,4 degré, qui contrebalançait le réchauffement climatique. Depuis lors, l'Agung dormait calmement. Il s'est réveillé de manière sismique : un tremblement de terre, survenu en septembre dernier, a fait craindre une éruption imminente. Et l'activité sismique se calmant, depuis un mois, le niveau d'alerte avait été abaissé.

L'île de Bali est donc de nouveau en alerte maximum. La menace est-elle bien réelle ?

Oui, le volcan est déjà dangereux. L'Agung est désormais dans une activité magmatique, ce qui signifie que le magma est remonté à la surface. Il y a de l'incandescence la nuit qui se reflète sur le panache. Et il émet énormément de gaz, notamment du dioxyde de soufre. Lorsqu'un volcan comme celui-ci, qui fait 3 000 mètres de haut, produit des nuées ardentes ou des coulées de boue, cela peut parcourir des dizaines de kilomètres. Or une dense population balinaise habite sur ses flancs. À peu près 90 000 personnes doivent être évacuées incessamment.

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