Bolivie : la sénatrice Jeanine Añez devient présidente par intérim, Evo Morales dénonce un "coup d'Etat"

Jeanine Añez a invoqué "la nécessité de créer un climat de paix sociale", dans un pays secoué par une grave crise politique depuis l'élection présidentielle fin octobre.

La sénatrice Jeanine Añez a prêté serment après s\'être proclamée présidente par intérim du pays lors d\'une session du Congrès, à La Paz, le 12 novembre 2019. 
La sénatrice Jeanine Añez a prêté serment après s'être proclamée présidente par intérim du pays lors d'une session du Congrès, à La Paz, le 12 novembre 2019.  (AIZAR RALDES / AFP)

En Bolivie, la deuxième vice-présidente du Sénat Jeanine Añez s'est proclamée, mardi 12 novembre, présidente par intérim après la fuite en exil d'Evo Morales. Cette annonce aussitôt qualifiée de "coup d'Etat" par l'ancien président.

Malgré l'absence de quorum au Parlement, Jeanine Añez a invoqué "la nécessité de créer un climat de paix sociale", dans un pays secoué par une grave crise politique depuis l'élection présidentielle fin octobre et la vacance du pouvoir provoquée par les démissions en cascade du président Evo Morales et de ses successeurs prévus par la Constitution : le vice-président du pays, la présidente et le vice-président du Sénat ainsi que le président de la Chambre des députés. 

Jeanine Añez s'est immédiatement rendue au siège du gouvernement où elle a prêté serment, tandis que le Tribunal constitutionnel a validé cette élection. Elle s'est ensuite réunie avec les chefs de l'armée et de la police. "Nous souhaitons convoquer des élections au plus vite", a également déclaré la sénatrice.

Un "coup d'Etat" pour Evo Morales

"Le coup d'Etat le plus astucieux et le plus odieux de l'histoire a eu lieu", a aussitôt réagi Evo Morales sur Twitter. Celui qui a été au pouvoir de 2006 à 2019 a promis de poursuivre "la lutte", affirmant qu'il ne cesserait pas de "faire de la politique" et remerciant le Mexique de lui avoir "sauvé la vie".

Dimanche soir, des milliers de Boliviens avaient célébré dans les rues le départ d'Evo Morales, après la vague de violences post-électorales au cours de laquelle sept personnes ont été tuées, selon un nouveau bilan annoncé mardi par le procureur général. Au moins 383 autres ont été blessées.