Yémen : Dassault, Thalès et MBDA visés par une plainte pour "complicité de crimes de guerre" déposée par trois ONG à Paris

Ces entreprises françaises "exportent des armes à la coalition [émirato-saoudienne], tout en sachant qu'elle commet des crimes de guerre depuis 2015", déplore une des ONG plaignantes.

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Un Mirage 2000 produit par l'entreprise Dassault à Pingtung (Taïwan), le 15 septembre 2021.  (CENG SHOU YI / NURPHOTO / AFP)

Des poids lourds de l'industrie française sont visés pour complicité. Trois ONG ont annoncé, jeudi 2 juin, avoir porté plainte à Paris contre Dassault, Thalès et MBDA France pour "complicité de crimes de guerre" et "complicité de crimes contre l'humanité". Elles les accusent d'avoir vendu des armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, qui les ont utilisées contre des civils au Yémen.

Les trois entreprises "exportent des armes à la coalition [émirato-saoudienne], tout en sachant qu'elle commet des crimes de guerre depuis 2015", a déploré Cannelle Lavite. Elle travaille pour le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits humains, une des parties civiles. 

Cinquante-neuf Mirage vendus aux Emirats

Selon les ONG, Dassault rend possible des attaques "contre des civils et des infrastructures civiles" en ayant vendu et surtout en assurant la maintenance de 59 Mirage acquis par les Emirats arabes unis, leur permettant de "rester opérationnels", a poursuivi Cannelle Lavite. La société MBDA France est, de son côté, visée pour avoir exporté des missiles Storm Shadow et Scalp aux belligérants. Le groupe Thalès est quant à lui pointé pour leur avoir fourni un système de guidage de missiles baptisé Damoclès et Thalios, mentionne la juriste.

L'ONG yéménite Mwatana, également partie civile, tout comme l'ONG française Sherpa, affirme avoir documenté "mille attaques contre des civils". Le bilan est "d'au moins 3 000 morts et 4 000 blessés" dus à l'utilisation "d'armes récentes" vendues aux Emirats et à l'Arabie saoudite, selon son directeur exécutif, Abdulrasheed Al-Faqih. En avril 2019, le média d'investigation français Disclose avait confirmé l'utilisation d'armes françaises au Yémen.

Depuis 2014, le conflit yéménite, qui a fait des milliers de morts, oppose les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, et les forces du gouvernement, assisté par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. 

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