Eclipsé par l'Ukraine, le Yémen manque d'aide face à son drame humanitaire

Une levée de fonds organisée pour le Yémen, englué dans un conflit meurtrier depuis 2014, n'a pas récolté la somme espérée. Un manque qui pourrait plonger un peu plus ce pays dans le chaos et la famine, alors qu'une partie du blé consommé était fournie par l'Ukraine avant la guerre.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des travailleurs humanitaires préparent une distribution de provisions, le 1er mars 2022 à Khokha (Yémen). (KHALED ZIAD / AFP)

Avec les yeux du monde rivés sur l'Ukraine, l'ONU a cette semaine récolté de la part des donateurs internationaux des fonds insuffisants pour venir en aide au Yémen, dévasté depuis 2014 par une guerre et l'une des pires tragédies humanitaires au monde. "L'Ukraine nous occupe beaucoup (...) mais il est essentiel qu'aucune autre crise ne soit oubliée", avait prévenu Manuel Bessler, chef du Corps suisse d'aide humanitaire, dès l'ouverture, mercredi 16 mars, de la conférence des donateurs.

Mais à l'issue de cette rencontre, tenue virtuellement, l'ONU n'a pu se dire que "déçue" après avoir récolté 1,18 milliard d'euros, soit un tiers des 3,6 milliards espérés. Cela "signifie que les besoins des [Yéménites] ne seront pas satisfaits", souligne auprès de l'AFP Auke Lootsma, représentant du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) au Yémen. "C'est la situation la plus sombre que nous ayons connue jusqu'à présent pour le pays", dont plus des trois quarts de la population dépendent de l'aide internationale, alerte-t-il.

L'Ukraine fournissait un tiers du blé consommé au Yémen

Depuis plusieurs mois, l'ONU s'alarme des conséquences d'un manque de financements pour l'aide humanitaire, alors que sur le terrain, le conflit connaît régulièrement des regains de violence. La guerre oppose le gouvernement reconnu par la communauté internationale aux rebelles houthis. Ces derniers, soutenus par l'Iran, ont réussi à s'emparer de pans entiers du territoire, dont la capitale, Sanaa, prise en 2014. Les forces loyalistes sont pour leur part appuyées par les rivaux de Téhéran, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, au sein d'une coalition militaire intervenant au Yémen depuis 2015.

Déjà au bord d'une famine à grande échelle, le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, risque de voir sa sécurité alimentaire menacée par une autre guerre, l'Ukraine lui fournissant près d'un tiers de son approvisionnement en blé. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, le conflit ukrainien pourrait faire grimper le prix des aliments dans le pays. Le PAM a déjà dû cette année réduire les rations alimentaires de 8 millions de Yéménites. Or, d'après diverses agences de l'ONU, jusqu'à 19 millions de personnes pourraient avoir besoin d'une assistance alimentaire au cours du second semestre 2022.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Yémen

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.