Les dangereuses dépendances africaines du groupe Etat islamique

Le 18 avril 2019, Daech a revendiqué sa première attaque en République démocratique du Congo. Peut-être le signe que l'organistion terroriste, bien que défaite en Syrie, élargit le nombre de ses groupes affiliés, qu'elle qualifie de "provinces", pour perpétuer son idéologie et son combat. En Afrique, selon l'ONU, au moins sept pays sont concernés de manière établie.

Selon le général Paul LaCamera, commandant des forces de la coalition anti-EI en Syrie, \"la lutte contre Daech et sa violence extrémiste est loin d\'être finie\".
Selon le général Paul LaCamera, commandant des forces de la coalition anti-EI en Syrie, "la lutte contre Daech et sa violence extrémiste est loin d'être finie". (LAURENT FILIPPI/ FRANCEINFO AFRIQUE)

Dans son dernier rapport sur le sujet, publié en février 2019, le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dresse la liste des emprises territoriales du groupe Etat islamique dans le monde, où l'organisation djihadiste tant redoutée est active, et où elle risque de le rester dans un avenir proche.

"Bien que l'EI se soit transformé en un réseau clandestin, y compris en Syrie et en Irak, il reste une menace en tant qu'organisation globale dotée d'une direction centralisée", estime le Secrétaire général onusien.

L'Afrique abrite plusieurs de ces "provinces" de Daech.

1En Libye

Selon M. Guterres, "ses combattants sont actifs sur la côte méditerranéenne, entre Ajdabiya et Tripoli (voir la carte), ainsi que dans le grand Sud". Ces derniers montent régulièrement des raids contre des postes de police afin de se procurer des armes. Ou contre les symboles d'une Libye stable, comme les ministères.

2En Egypte

Ansar Bayt al-Maqdis, groupe insurrectionnel né en 2012, qui a prêté allégeance au "calife" auto-proclamé Abou Bakr al-Baghdadi en novembre 2014, y est toujours actif. Ce groupe désormais affililé à l'EI est basé dans le désert du Sinaï. Le nombre de ses combattants, loin de diminuer ces dernières années face aux constantes opérations montées contre lui par l'armée égyptienne, se stabilise et nargue le pouvoir égyptien.
Un défi que le très autoritaire président al-Sissi ne semble pas près de relever, quatre ans après avoir assuré le monde du contraire.

3Dans la région du Sahel

En concurrence avec d'autres mouvements terroristes, l'organisation Etat islamique reste très influente, selon l'ONU. L'"EI dans le grand Sahara" (EIGS ou ESGS en anglais) est commandé par Adnan Abou Walid al-Sahraoui, en rupture avec ses anciens compagnons d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il compte 100 à 200 combattants dans le centre-nord du Mali.

L'ONU évoque ainsi "l'expansion des groupes extrémistes, qui exacerbe les violences intercommunautaires, la multiplication des explosions touchant les forces de sécurité et les civils et l'accroissement du nombre de personnes déplacées". 

4Autour du lac Tchad

Là où se rejoignent les frontières du Tchad, du Niger et du Nigeria, le groupe Etat islamique en l'Afrique de l'Ouest (ISWAP, selon son acronyme en anglais), une faction dissidente du groupe terroriste Boko Haram, regroupe, selon l'ONU, 1500 à 3500 djihadistes. Ils sont sous la direction d'Abou Musab al-Barnawi, nommé directement par Daech en opposition à Abubakr Shekau, chef de Boko Haram depuis 2009.

5En Somalie

La mouvance djihadiste est dominée par le groupe des shebab, membres d'al-Qaïda. Cependant, malgré leur rivalité, un groupe affilié à l'EI "coexiste avec eux" depuis la mi-2018, estime l'ONU. Ce groupe s'est spécialisé dans les assassinats de fonctionnaires et d'hommes d'affaires.

Tandis que dans l'Etat semi-autonome voisin du Puntland, d'autres combattants de l'EI agissent dans les zones de Qandala et de Bossasso (voir la carte), où ils ont établi des camps d'entraînement et de stockage d'armes, venant essentiellement du Yémen tout proche.