Le Soudan dans l'impasse depuis le coup d'Etat d'octobre 2021

L'un des pays les plus pauvres au monde est plongé dans une grave crise poltique et économique.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Des manifestants réclament un régime civil et la libération des prisonniers politiques, à Khartoum, la capitale du Soudan, le 6 avril 2022. (MAHMOUD HJAJ / ANADOLU AGENCY)

Après la destitution du président soudanais, le général Omar el-Béchir le 11 avril 2019, les Soudanais espéraient la mise en place d’un pouvoir civil. La transition vers la démocratie n’a pas lieu comme prévu. Depuis le coup d’Etat du 25 octobre 2021, le Soudan traverse une grave crise qui risque de le mener vers l'effondrement.

D'un général à l’autre

Après trente ans de dictature, les Soudanais se retrouvent à nouveau sous l’autorité militaire. Le général Abdel Fattah al-Burhane a mis fin à la transition en limogeant les civils qui partageait le pouvoir avec lui conformément à un accord fragile. L'ancien chef de l'armée de Terre a instauré l'Etat d’urgence et réprime sans cesse les manifestants qui réclament la démocratie.

Depuis fin octobre 2021, plus de 90 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées par les forces de l’ordre. Près de 1 000 personnes ont été arrêtées, selon les estimations de l’ONU. La mainmise sur le pays s'illustre également par des limogeages en série dans les entreprises, les médias et les universités.

Un risque d'effondrement

Le coup d’Etat a replongé le pays dans la crise politique et économique. Le Soudan, brièvement sorti de décennies d’embargo, est à nouveau isolé. Khartoum a perdu toute l'aide internationale qui représente près de la moitié de son budget. La devise soudanaise est en chute libre et l’inflation dépasse les 250%. Pain, électricité, essence… les prix ont flambé depuis octobre dernier.

Dans ce contexte, près d’un Soudanais sur deux sera en insécurité alimentaire d’ici à la fin de 2022, selon les estimations de l'ONU. L’émissaire permanent des Nations unies à Khartoum, Volker Perthes, a mis en garde contre "un effondrement économique et sécuritaire" à moins que la transition civile ne soit restaurée.

Son constat a déplu à l’armée qui l'a accusé d'"ingérence dans les affaires soudanaises" et l'a menacé d'expulsion.

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