Namibie : à vendre, 170 éléphants sauvages de "grande valeur"

La multiplication des pachydermes sur le territoire crée des conflits avec la population.

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Dans la province namibienne de Kavango, le parc national de Bwabwata, l'éléphant de brousse africaine. (LEROY FRANCIS / HEMIS.FR / HEMIS.FR)

A vendre 170 éléphants sauvages de "grande valeur", c'est ainsi qu'un encart publicitaire dans le quotidien New Era a appelé de potentiels acheteurs, nationaux et internationaux, à se manifester le 2 décembre. Une petite annonce qui a de quoi surprendre sous nos latitudes, mais qui n'est pas la première du genre en Namibie. Le pays espère ainsi freiner la multiplication des pachydermes sur son territoire, en proie à une sécheresse qui amplifie les tensions entre animaux et humains.

Eléphants à vendre... 

Dans l'édition du mercredi 2 décembre 2020, les Namibiens ont pu découvrir un encart publicitaire appelant des personnes intéressées par l'achat de 170 éléphants vivants à se manifester auprès des autorités, rapporte l'AFP. Et le texte de préciser que les acheteurs devront s'assurer que les exigences de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) sont bien remplies afin que la transaction soit autorisée et les animaux exportés. Des troupeaux entiers seront capturés afin de ne pas laisser des petits ou de jeunes animaux abandonnés.

"Certains pays se sont plaints de ce que la Namibie abattait les éléphants mâles. A la place, nous avons décidé, après avoir effectué des recherches, de les vendre"

Pohamba Shifeta, ministre de l'Environnement de Namibie

à l'AFP

Selon les chiffres du ministère namibien de l'Environnement, 28 000 individus de cette espèce menacée et protégée vivent sur ce territoire peu peuplé d'Afrique australe, alors qu'à l'indépendance du pays en 1990, leur nombre était tombé à 5 000. C'est grâce à la réussite d'un programme de protection de l'espèce que la population d'éléphants a ainsi pu remonter. Victime de son succès, ce programme cause aujourd'hui un problème de surpopulation des pachydermes en Namibie, qui a par ailleurs déclaré en mai 2018 l'état de catastrophe naturelle en raison de la sécheresse.

... Mais aussi des buffles

La Namibie tente de trouver un équilibre entre la protection des espèces comme les éléphants et les rhinocéros et le danger qu'elles représentent lorsqu'elles empiètent sur des zones d'habitation.

Les éléphants ont été mis en vente après "l'identification d'un besoin de réduire leur population en raison de la sécheresse et de l'accroissement du nombre d'éléphants, en lien avec les conflits humains-éléphants", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Environnement Pohamba Shifeta avant de préciser : "Nous devons être certains que le pays (qui les achètera) soit propice" à les accueillir. Les enchères devront être finalisées avant le 29 janvier 2021 et les acheteurs retenus devront couvrir les frais de capture et de transport des animaux. Lesquels peuvent peser jusqu'à six tonnes. 

En octobre dernier, pour réduire la pression sur les pâturages, la Namibie avait déjà mis en vente 100 buffles sauvages et en juin 2019, elle avait proposé un millier d'animaux dont 600 buffles, 150 springboks, 60 girafes et 28 éléphants. L'objectif était, selon le ministère de l'Environnement, de limiter les pertes animales et d'obtenir 1,1 million de dollars destinés à la conservation des espèces. 

Et toujours la chasse

Pour autant, l'an dernier, la Namibie avait déclaré qu'elle pourrait se retirer du règlement concernant le commerce mondial des espèces menacées après un vote lors d'une réunion de la CITES. L'organisme avait rejeté ses demandes d'assouplissement des restrictions sur la chasse et l'exportation de ses rhinocéros blancs. Le pays demandait, en plus de la vente d'animaux, la possibilité d'augmenter la chasse aux trophées.

Son voisin le Botswana, qui compte le plus d’éléphants au monde avec 130 000 individus, a lui tranché malgré l'émotion internationale suscitée par sa décision. Les autorités ont en effet réintroduit la chasse à l'éléphant en mai 2019, après cinq ans d'interdiction, pour officiellement limiter leur population et les dégâts dans les cultures qui y sont liés.

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