Attaque à Tessit au Mali : un nouveau bilan fait état de 42 soldats maliens morts, deux fois plus qu'initialement recensé

Le nouveau bilan établi par les autorités fait état de 42 soldats tués, le bilan le plus lourd pour l'armée malienne depuis la série d'attaques fin 2019.

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Des soldats des FAMA (Forces armées maliennes) lors de la cérémonie du 60e anniversaire de l'indépendance du Mali à Bamako, le 22 septembre 2020. (MICHELE CATTANI / AFP)

Les morts sont bien plus nombreux. Après avoir estimé les pertes maliennes lundi à 17 soldats et quatre civils morts, neuf disparus, un nouveau bilan recense mercredi 10 août que 42 soldats maliens ont été tués dimanche. Ces données proviennent d'un document officiel listant nominativement les militaires décédés, authentifié mercredi par plusieurs hauts responsables militaires à l'AFP.

L'attaque est attribuée à des jihadistes dans la ville de Tessit, située dans la zone dite des trois frontières entre le Mali, le Burkina et le Niger, a affirmé l'armée malienne. L'armée affirme dans un communiqué avoir tué sept ennemis "vraisemblablement de l'Etat islamique au Grand Sahara et bénéficiant d'un appui drones et artillerie avec un usage des explosifs et véhicule piégé".

"Expertise extérieure"

"Les opérations clandestines et non coordonnées de survol enregistrées par les forces armées maliennes (Fama), hier, dimanche et aujourd'hui (le 6, 7 et 8 août), confirment la thèse que les terroristes ont bénéficié d'un appui majeur et d'une expertise extérieure", assure l'armée. L'état-major malien fait également état de 22 blessés dans l'armée, d'importantes pertes matérielles dont trois véhicules détruits et des dommages sur d'autres véhicules, les installations Fama et les habitations des civils. Du côté "ennemi", outre les sept tués, l'armée évoque "un nombre inconnu de morts et blessés emportés par les assaillants". Un précédent bilan de l'armée donnait 4 soldats et 2 civils tués.

Zone des trois frontières

Le secteur de Tessit, situé du côté malien de la zone des trois frontières, dans une immense région rurale broussarde non contrôlée par l'Etat, est fréquemment le théâtre d'affrontements et d'attaques. Les groupes armés affiliés à Al-Qaïda, rassemblés sous la houlette du Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM, JNIM en arabe), y combattent le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), affilié à l'organisation Etat islamique. Les jihadistes cherchent le contrôle de cette zone stratégique et aurifère. L'armée malienne, installée dans un camp militaire à côté de la localité de Tessit, a également souvent été prise à partie dans cette région. Dans cette zone parfois appelée le "Gourma malien" opèrent également des casques bleus de la mission de l'ONU au Mali.

Civils entre deux feux 

Les civils, comme partout au Mali, sont pris entre les feux de ces acteurs du conflit, et accusés d'être alliés avec l'un quand ils ne le sont pas avec l'autre. Les habitants de la zone ont fui par milliers, notamment vers la grande ville voisine de Gao, à quelque 150 km au nord. Le Mali est plongé dans la tourmente depuis 2012. La propagation jihadiste, d'abord confinée dans le nord du pays, s'est étendue au centre et au sud du Mali, ainsi qu'aux Burkina Faso et Niger voisins.

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