Tout savoir sur Abdel Hamid Dbeibah, l’homme-clé de la transition en Libye

Le nouveau Premier ministre libyen prête serment ce lundi 15 mars 2021, plus d'un mois après sa désignation dans le cadre d'un processus politique pour sortir la Libye d'une décennie de chaos.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le Premier ministre libyen par intérim, Abdel Hamid Dbeibah, lors d'une conférence à Tripoli le 25 février 2021. (HAZEM TURKIA / ANADOLU AGENCY)

Dans le cadre d’un processus parrainé par l’ONU, des délégués libyens de tous bords ont choisi le 5 février 2021 une nouvelle équipe de transition avec un Conseil présidentiel et un Premier ministre, Abdel Hamid Dbeibah. Le chef du nouveau gouvernement d'union nationale, qui représente cette fois-ci tout le pays, a la lourde de tâche de réunifier les instititions divisées et de préparer les élections générales fixées au 24 décembre 2021.

Un riche homme d’affaires

La nomination d’Abdel Hamid Dbeibah, 61 ans, comme Premier ministre avait créé la surprise en Libye. Son nom est plus associé aux affaires qu’à la politique. Issu d’une famille de notables de Misrata (ouest), le milliardaire faisait partie du cercle rapproché de l’ancien président Kadhafi. Diplômé de l’Université de Toronto, au Canada, l’ingénieur s'est enrichi dans le bâtiment et dirige une holding avec des filiales dans de nombreux pays. Il a par ailleurs été l’objet d’enquêtes pour des malversations tant en Libye, qu'à l'étranger. 

Un programme trop ambitieux

Dès sa désignation, Abdel Hamid Dbeibah a promis monts et merveilles. Le nouveau Premier ministre veut créer un ministère pour la Réconciliation nationale, désarmer les milices, ramener la sécurité, développer le pays… Le tout "en six mois au plus".

Il s’engage aussi à faire revenir les gros investisseurs étrangers qui ont déserté le pays après 2011 et veut créer des emplois pour les jeunes. Un programme difficile à réaliser dans une période intérimaire d’à peine dix mois et après dix ans de chaos. Son premier défi sera d’unifier les institutions et de conduire le pays vers des élections générales le 24 décembre 2021, selon la feuille de route de l’ONU.

Des soutiens libyens et internationaux

Après des années de chaos, l’annonce d’un accord semble en soi une réalisation. Le gouvernement à venir d’Abdel Hamid Dbeibah remplacera le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, basé depuis 2016 à Tripoli et reconnu par l’ONU, mais qui n’a jamais obtenu la confiance du Parlement de Tobrouk dans l’est du pays.

A ce jour, le nouvel homme de la transition bénéficie d’une large adhésion nationale et d’appuis internationaux. Considéré comme proche de la Turquie et des Frères musulmans, Abdel Hamid Dbeibah peut compter aussi sur l’aide de la Russie, de l’Egypte et de la France, notamment, qui lui ont exprimé leur soutien. Mais cette nouvelle phase de dialogue politique est déjà entachée de faits de corruption. Des représentants libyens auraient reçu des pots-de-vin pour choisir Abdel Hamid Dbeibah comme Premier ministre, selon des experts de l’ONU.

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