Le départ de Libye de 25 000 mercenaires inquiète ses voisins africains

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni pour évoquer les risques liés à la dispersion de milliers de mercenaires présents en Libye et dont le départ est demandé par le gouvernement libyen. 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Depuis la mort de Kadhafi, d'énormes stocks d'armes sont tombés aux mains des différentes milices. Ici, des Libyens brandissent des mitrailleuses pour le sixième anniversaire de la révolution libyenne, à Benghazi, le 17 février 2017. (ABDULLAH DOMA / AFP)

Après avoir demandé pendant plus d'un an le départ des mercenaires qui ont mis la Libye à feu et à sang, le Conseil de sécurité de l'ONU s'inquiète maintenant de leur dispersion dans les pays voisins. Ils seraient plus de 25 000, dont 13 000 Syriens et 11 000 Soudanais surarmés. Leur départ était demandé par les nouvelles autorités libyennes et les grandes puissances, mais la mort du président du Tchad, Idriss Deby Itno, tué par des rebelles venus de Libye, a changé la donne.

Inquiétude des pays africains

Une réunion à New York avait été demandée par les membres africains du Conseil de sécurité (Kenya, Niger et Tunisie), bien avant le décès il y a dix jours du président Idriss Déby Itno, blessé (officiellement) au front après une offensive de rebelles et mercenaires tchadiens (du FACT) venus de Libye.

Réclamer au plus vite un départ des mercenaires, a un "impact" sur les pays de la région et la paix et la sécurité au Sahel, relève un diplomate sous couvert d'anonymat. Attention à ne pas régler un problème en Libye en en créant d'autres dans les pays voisins, ont plaidé certains de ces Etats. Ces mercenaires représentent une nouvelle menace pour les armées de la région, souvent en manque d’équipement et mal entraînées, et fragilisent encore un peu plus la paix, du Sahel à la Corne de l’Afrique. 

Le Kenya a demandé que le mandat de la mission politique de l’ONU soit élargi à un contrôle de la frontière sud de la Libye, mais le reste du Conseil a estimé que c'était trop difficile à réaliser. Selon des diplomates, il y a un consensus à l'ONU pour parler de la nécessité d'accompagner ce mécanisme de retrait d'un processus de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants.

"Sans un bon contrôle, sans un accompagnement efficace, ce qui s'est passé au Tchad pourrait se répéter à nouveau dans ce pays ou s'étendre du Sahel à la Corne de l'Afrique, au Soudan, au Soudan du Sud, au Niger, en Ethiopie, en Centrafrique, au Mozambique"

Des diplomates au conseil de sécurité de l'ONU

à l'AFP

Mercenaires somaliens et russes

Lors de la réunion du conseil de sécurité, des frictions ont opposé les Etats-Unis et la Russie à l'évocation de la présence du groupe Wagner. Selon les spécialistes de la région, quelque 1 400 mercenaires russes appartenant au groupe Wagner ont été déployés ces dernières années aux côtés des forces du Maréchal Haftar. De nombreux mercenaires somaliens ont également été signalés ces derniers mois en Libye. Ces combattants auraient été recrutés et pris en charge par la Turquie et le Qatar pour opérer aux côtés du gouvernement de Fayez el-Sarraj installé à Tripoli. Selon plusieurs observateurs, des centaines de Somaliens entraînés dans les bases militaires turques au Qatar et en Somalie ont été utilisés comme forces supplétives de l'armée turque dans plusieurs zones de tension en Afrique.  

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