Yema, le site de vidéo à la demande dédié aux films d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient

Il s'agit d'une nouvelle plateforme francophone pour (re)découvrir les productions de ces régions du monde.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Yema est une offre de VOD qui propose exclusivement des films du Maghreb et du Moyen-Orient.  (YEMA)

Vous avez raté au cinéma le très rock and roll Burning Casablanca (2020) ou Ghaza mon amour (2020), l'un des derniers films de l'actrice Hiam Abbass; ou vous souhaitez voir enfin Le Procès de Viviane Amsalem co-réalisé par la comédienne et cinéaste israélienne Ronit Elkabetz, disparue en 2016, ou encore revoir L'Oranais du Franco-Algérien Lyes Salem...  Yema, "la première plateforme VOD francophone consacrée aux films venus d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient", vous propose des séances à la carte payantes depuis le 9 juin 2022.

Un œil sur "les cinémas du Maghreb-Orient"

"C'est une plateforme de niche qui s'adresse à un public qui ne se retrouve pas dans l'offre actuelle ou qui ne trouve pas ces films venus du Maghreb-Orient", explique à franceinfo Afrique la journaliste Léa Taieb, co-fondatrice de Yema avec Juliette Gamonal, qui travaille dans l'industrie audiovisuelle. L'idée de ce site est née "il y a environ un an""Ensemble, nous avons constaté ce manque (et) nous avions envie de travailler pour le combler."

"Aujourd’hui, poursuit Léa Taieb, il n’y a aucune plateforme VOD qui centralise tous les films qui sont sortis en salles ou qui n'ont pas eu cette chance. Sur les plateformes de VOD généralistes et même dans les salles de cinéma, ces films ne sont pas toujours bien mis en valeur (…) On ne les trouve pas facilement non plus." Yema est née de "notre passion commune pour ces cinémas", résume Léa Taieb. Le catalogue propose aujourd'hui des fictions, des documentaires, des films récents et des films de patrimoine. En somme, la promesse de Yema est "de faire découvrir des œuvres que l’on n’aurait pas pu découvrir autrement". 

On y retrouve ainsi pêle-mêle Haut et fort de Nabil Ayouch, Une Histoire d’amour et de désir de Leyla Bouzid, Un Héros d’Asgar Farhadi ou encore des documentaires comme Pour Sama de Waad al-Kateab et Edward Watts, récit d'une mère dans l'enfer de la guerre en Syrie ou M de Yolande Zauberman, une incursion dans la communauté ultra-orthodoxe juive, en Israël, dans les pas de Menahem, une victime de pédophilie. Au total, Yema met en avant "une belle programmation éclectique" et "des films qui ont marqué l’actualité du cinéma", souligne Léa Taieb.

Prendre le spectateur par la main

Exit "l'algorithme pour orienter les utilisateurs" : "l’hyper-éditorialisation" est l'autre "spécificité" revendiquée par le site de vidéo à la demande. Un moyen de "donner envie d'aller plus loin et de découvrir le catalogue à travers une thématique qui est présentée chaque mois". Par exemple, "la thématique de lancement est l'Algérie, les cinémas algériens. Nous avons voulu présenter les cinéastes algériens autrement, grâce à quatre regards. Nous avons demandé à la réalisatrice Sofia Djama (Les Bienheureux), à deux cinéastes franco-algériens – Zak Kedzi (qui a réalisé le documentaire Chroniques algériennes présenté en exclusivité sur Yema) et Azedine Kasri (qui signe le court-métrage Timoura) – et à l’historien Benjamin Stora de prendre la parole sur cette thématique."

La condition féminine sera le thème suivant. Les utilisateurs de Yema seront alors guidés par "le regard" de l'écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani, "qui va rapprocher des films comme Much Loved (du Marocain Nabil Ayouch), Papicha (de la Franco-Algérienne Mounia Meddour) ou encore Mustang (de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven). L'idée étant, dès qu'on découvre un film de la thématique, d’avoir envie d’explorer le reste de la programmation". Disponible à la carte, l'offre de Yema respecte la chronologie et comprend ainsi "des films assez frais" qui sont sortis "trois mois plus tôt en salles", souligne Léa Taieb. 

La plateforme, qui est pour l'heure indépendante, bénéficie du soutien de la Banque publique d'investissement. Le lancement de Yema s'est appuyé sur une campagne de financement participatif "qui a été une façon de mesurer l'engagement et l’adhésion de potentiels utilisatrices et utilisateurs", indique Léa Taieb Afin de se développer davantage, elle "attend d'être accompagnée par des personnes spécialistes de cette industrie qui pourraient nous soutenir sur le plan financier comme sur le plan du savoir-faire". La plateforme devrait proposer, "d'ici un an", des formules d'abonnement, l'occasion d'étoffer son catalogue avec des séries.

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