Ce que l'on sait du séisme de magnitude 5,4 qui a touché la Drôme et l'Ardèche

Un tremblement de terre a frappé ces deux départements vers 11h55, faisant quatre blessés, dont un grave, et d'importants dégâts dans la ville du Teil.

Une brique tombée sur le pare-brise d\'une voiture au Teil (Ardèche), le 11 novembre 2019, après le séisme.
Une brique tombée sur le pare-brise d'une voiture au Teil (Ardèche), le 11 novembre 2019, après le séisme. (MAXPPP)

Le sol a tremblé peu avant midi, lundi 11 novembre, dans le sud-est de la France. La forte secousse de magnitude 5,4 sur l'échelle de Richter a été ressentie dans la Drôme et l'Ardèche, mais aussi jusqu'à Lyon et Montpellier. Selon les données du Bureau central sismologique français, il s'agit du plus important séisme en France métropolitaine continentale (hors Corse donc) depuis 2003. Le tremblement de terre a fait quatre blessés, dont un grave. Voici ce que l'on sait de ce séisme.

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L'épicentre était situé près de Privas

Il était 10h52 quand le Bureau central sismologique français a enregistré la secousse. L'épicentre du tremblement de terre se situe à 26 km au sud-est de Privas (Ardèche). L'hypocentre du séisme a été mesuré à 12 km de profondeur.

Quatre blessés, dont un grave

Quatre personnes ont été blessées, dont l'une grièvement, selon les préfectures de la Drôme et de l'Ardèche. Dans la Drôme, à Montélimar, un homme a été grièvement blessé, emporté dans la chute d'un échafaudage. "Cette personne a été prise au charge par les pompiers et transférée à l'hôpital", a assuré sur franceinfo le maire de Montélimar, Franck Reynier. En Ardèche, trois autres personnes ont été légèrement blessées dans "une crise de panique", d'après un tweet de la préfecture du département. La préfecture a par ailleurs mis en place un numéro vert pour les habitants, le 08 11 00 06 07.

En Ardèche, les 8 500 habitants du Teil évacués

En Ardèche, la ville du Teil a été particulièrement touchée. "C'est à peu près 200 habitations qui ont été, à des degrés divers, plus ou moins ébranlées, allant d'un effondrement quasiment total à des fissures", indique sur franceinfo la préfète de l'Ardèche, qui s'est rendue sur place. Les autorités ont "pris la décision d'évacuer dans un premier temps l'ensemble des habitants", soit 8 500 personnes, "et d'ouvrir trois gymnases pour les accueillir", précise-t-elle.

Une réunion doit avoir lieu "pour voir quelles sont, une fois les pompiers passés dans les différentes habitations, celles qui peuvent être réhabilitées dès le soir et celles qui ne peuvent pas l'être""Il va probablement y avoir des quartiers qu'il va falloir gagner pour empêcher les gens de rentrer chez eux ou même de protéger les habitations contre des possibles pillages", prévoit la préfète.

Pas de dégât majeur dans la Drôme, ni pour les centrales nucléaires

En revanche, "aucun dégât majeur n'a été recensé à ce stade dans le département", ni sur l'ensemble des installations nucléaires du Tricastin, selon les communiqués de la préfecture de la Drôme sur Twitter. La ville de Montélimar indique pour sa part que la centrale nucléaire du Cruas n'a connu "aucune difficulté".

Des vérifications complémentaires d'EDF sont en cours sur les deux centrales. D'après le fournisseur d'électricité, interrogé par France Bleu Drôme-Ardèche, aucune incidence n'est à craindre, ni sur la production d'électricité ni sur la sûreté des installations des centrales du Tricastin et de Cruas. Cette dernière a été mise à l'arrêt lundi soir et "pour une durée indéterminée", le temps de vérifier que tout est en ordre. "C'est la procédure obligatoire", a précisé la préfète de l'Ardèche sur France Bleu. Il s'agit de "faire un tour des installations et de confirmer le diagnostic et l'innocuité de ce séisme", selon Françoise Souliman. Le réacteur n°1 étant déjà à l'arrêt, cela concerne les réacteurs 2, 3 et 4.

L'impression "d'une explosion" juste "à côté"

"Ça n'a pas duré longtemps, mais c'était impressionnant", a témoigné sur franceinfo le maire de Montélimar. "Il y avait un bruit qui ressemblait plus à celui que peut faire un avion à réaction quand il passe dans le ciel et puis, derrière, les vitres ont tremblé", a raconté Franck Reynier.

"On a eu l'impression qu'il y avait une explosion dans le jardin, tellement c'était brutal", a relaté sur France Bleu Drôme Ardèche, Laetitia, une habitante du Teil. "Mes enfants étaient tous paniqués, il y en a un qui s'est réfugié sous la couette, l'autre sous le babyfoot, ils étaient en panique, on a cru que tout allait s'effondrer, qu'on allait avoir tous les murs du salon qui tombaient sur nous, a-t-elle poursuivi. Ça a été fort d'un coup, on ne s'attendait pas à ce qu'il y ait un aussi grand bruit, tout le monde était dans la rue."

"On aurait cru que j'avais un marteau piqueur à côté de moi", a également rapporté, sur France Bleu Drôme-Ardèche, Jocelyne, habitante de Saint-Péray, une commune située à 5 km de Valence, en Ardèche. "Vers 11h50, j'ai ma petite chienne qui tournait comme un lion en cage dans ma maison, je me suis dit que peut-être elle voulait sortir, et puis tout s'est mis à trembler", a poursuivi Jocelyne. "C'était vraiment très intense, j'ai pensé à la voisine en dessous, j'ai pensé au gaz. Dans le placard, la vaisselle a bougé, j'avais des fruits sur mon étagère qui sont tombés, je me suis dit que c'était curieux, et c'est via Facebook que j'ai vu l'annonce" du tremblement de terre. "J'ai eu excessivement peur, c'était très, très fort, c'était vraiment impressionnant."

Une zone "à risque sismique modéré"

"La population est très surprise, parce que nous ne sommes pas dans une zone reconnue comme étant une zone à risque", a commenté sur franceinfo le maire de Montélimar.

Plusieurs sismologues ont confirmé sur Twitter l'analyse de l'élu local. Anthony Lomax note ainsi que la région touchée n'est pas l'une des zones sismiques les plus actives de la France métropolitaine, contrairement aux massifs pyrénéen et alpin. 

Son collègue Pablo Ampuero observe également que le secteur où la Terre a tremblé est considéré comme exposé à un risque sismique modéré. Et l'expert souligne que les régions à faible sismicité sont difficiles à étudier, compte tenu du peu de données disponibles. 

"Peut-être qu'il faudra que nous tirions les enseignements d'événements comme celui-là, envisage l'élu local. Il a fallu informer, et rappeler la conduite à tenir, comme ne pas saturer les services d'urgence par des appels qui ne sont pas d'extrême urgence."