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Origines, succès, délires... Retour sur 10 ans de hashtags sur Twitter

Ce symbole emblématique de Twitter a été conçu le 23 août 2007 par un ingénieur américain. Depuis, il se décline à l'infini, de l'information à la solidarité, de l'émotion à l'humour. 

Article rédigé par
Edité par Alexandra du Boucheron - Jérôme Colombain
Radio France
Publié
Temps de lecture : 5 min.
La touche "dièse" sur le clavier d'un ordinateur. (MAXPPP)

C'est l'un des symboles les plus influents de l'ère numérique. Le hashtag fête ses dix ans mercredi 22 août 2017. Formé du signe # et d'un mot-clé, il est, pour Twitter, ce qu'est le "like" pour Facebook.

Aujourd'hui, 125 millions de hashtags sont échangés par jour en moyenne et ce chiffre ne cesse d'augmenter. En 2007, le hashtag le plus utilisé a été partagé 9 000 fois, en 2017, les records atteignent 300 millions de tweets. Mercredi, pour célébrer cet anniversaire, Twitter lance un hashtag spécial, #Hashtag10, qui déclenchera un emoji dédié pendant 24 heures.

L'idée d'un ingénieur... de Google !

Pivot essentiel des réseaux sociaux aujourd'hui, le hashtag de Twitter est né le 23 août 2007. C'est un tweeto américain, Chris Messina (@chrismessina), qui le lance pour la première fois. À l'époque, ce dernier travaille chez Google comme ingénieur et a l'idée d'utiliser des mots-clés, avec le symbole # pour identifier les tweets parlant d'un même sujet. En anglais, "hashtag" est la contraction de "hash" qui veut dire "hacher" et qui est aussi la touche "dièse" d'un clavier, et de "tag", qui signifie "étiquette". 

Mais l'idée ne séduit pas immédiatement Twitter. Ce n'est qu'en 2009 qu'il sera possible de gazouiller avec des hashtag, ces derniers deviennent cliquables et se répandent comme une traînée de poudre. Aujourd'hui, le hashtag est utilisé sur Twitter mais aussi par Instagram, Google, Instagram, Tumblr, YouTube ou Facebook.

La France tente le "mot-dièse" 

En 2013, en France, le hashtag est francisé en "mot-dièse" sur une recommandation officielle de la Commission générale de terminologie et de néologie, dont fait partie l'Académie française. Le Journal officiel du 23 janvier 2013 donne même une définition du mot-dièse : "Suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d'intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d'en faciliter le repérage." Et, pour le pluriel, est-il souligné, il faudra écrire "des mots-dièse".

Cette décision a suscité une levée de boucliers et des commentaires railleurs sur Twitter. Certains détracteurs rappellent même que le caractère typographique de "dièse" est ♯ et non # qui, lui, signifie "croisillon".

Des hashtags toujours plus utilisés

Si #LOL est sans doute le hashtag le plus utilisé de ces dix dernières années, d'autres ont connu leurs heures de gloire comme #brexit ou #icebucketchallenge.

En France, l'un des hashtags les plus emblématiques a été #JeSuisCharlie, utilisé dans la foulée de l'attaque terroriste qui a visé le siège du journal Charlie Hebdo en janvier 2015. Son créateur, Joachim Roncin, directeur artistique au magazine Stylist, a aussi créé un logo correspondant. Il n'imaginait pas que ce serait mondialement connu quelques jours plus tard. #JeSuisCharlie a été utilisé plus de 5 millions de fois en moins d'une semaine !

Parmi les hashtags les plus marquants, il y a aussi #BringBackOurGirls ("rendez-nous nos filles"), lancé en 2014 après l'enlèvement de 276 lycéennes à Chibok, au Nigeria, par Boko Haram. L'avocat nigérian Ibrahim Abdullahi est à l'origine de ce hashtag partagé plus de 4 millions de fois en un mois, y compris par Michelle Obama, David Cameron et la starlette Kim Kardashian. Mais, un an après, le mouvement s'essouffle et les lycéennes semblent avoir été oubliées. C'est peut-être la limite de ce genre de campagne.

Très peu de personnes se sont rendues à la manifestation à Paris en soutien aux lycéennes enlevées par Boko Haram le 14 avril 2014. (CITIZENSIDE/YANN KORBI / CITIZENSIDE.COM)

Parmi les hashtags les plus utilisés, il y a ceux qui permettent de partager des activités ou des centres d'intérêt. Selon les données de Twitter, les hashtags #NowPlaying et #np, pour indiquer aux tweetos la musique que vous êtes en train d'écouter, ont été utilisés plus d'un milliard de fois. Pour ceux qui aiment ressortir leurs vieilles photos avec un peu d'autodérision, il y a le désormais célèbre #ThrowbackThursday ou #tbt, utilisé 120 millions de fois. Le hashtag #FollowFriday ou #FF a aussi connu son heure de gloire avec plus d'un demi-milliard de partages depuis sa création le 16 janvier 2009. Il est, depuis, un peu tombé en désuétude.

Ces dix dernières années, le hashtag le plus utilisé pour parler d'un événement sportif a été l'Euro 2016 de football (#Euro2016) selon Twitter. Pour un programme télévisé #TheWalkingDead décroche la palme et, pour un film, c'est #StarWars. 

Face aux drames, un signe de solidarité

Le hashtag a un autre intérêt que partager et suivre un même centre d'intérêt sur les réseaux sociaux, il permet parfois de s'entraider. On l'a vu le soir des attentats du 13 novembre 2015 avec #PorteOuverte, suggéré par le journaliste Sylvain Lapoix (@SylvainLapoix) pendant les attentats à Paris et à Saint-Denis pour permettre aux personnes se s'abriter.

Avec #RefugeesWelcome, à l'été 2015, Twitter témoigne de sa solidarité avec les réfugiés en appelant les États européens à leur ouvrir leurs frontières. Le 22 mai 2017, #RoomForManchester est utilisé par les Britanniques pour héberger les rescapés de l'explosion terroriste survenue dans la salle Arena de Manchester. Le 11 avril 2017, le club Borussia Dortmund lance le hashtag #BedForAwayFans pour héberger des supporters monégasques après le report du quart de finale aller de la Ligue des champions de football.

Une petite touche de second degré 

Parfois, la twittosphère s'emballe avec humour, même dans les moments ou sur les sujets les plus graves, comme une sorte de sas de décompression. On l'a vu récemment, après les attentats au Royaume-Uni, avec le hashtag #KeepCalmAndCarryOn, ou en Belgique avec #BrusselsLockDown.

#SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs a été lancé en février 2016 lorsque la communauté s’est saisie de ce hashtag pour dénoncer avec humour des clichés racistes et faire réfléchir sur ce sujet.

Dans le genre très décalé, et sur des sujets bien plus légers, on trouve aussi #DragueCommeUnCM, #UnFilmUnDepartement, #JeDisPasQuilFaitChaudMais.

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