Mayotte : le principal collectif citoyen s'engage à lever les barrages d'ici 48 heures, après les annonces de Gérald Darmanin

Des collectifs citoyens ont monté des barrages partout sur l'île, depuis le 22 janvier, pour protester contre l'immigration et l'insécurité.
Article rédigé par Gaële Joly
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un homme dans le bidonville de "Talus 2" à Koungou, à Mayotte, lors de la première opération Wuambushu, le 27 mai 2023. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

À Mayotte, "Forces vives", collectif citoyen majoritaire qui proteste contre l'insécurité et l'immigration incontrôlée, s'est engagé dimanche 11 février à lever les barrages d'ici 48 heures, après les annonces de Gérald Darmanin, rapporte la journaliste de franceinfo présente sur place. Le ministre de l'Intérieur a notamment annoncé, lors de sa visite sur l'île, une révision constitutionnelle destinée à supprimer le droit du sol uniquement à Mayotte.

Gérald Darmanin a passé plus de quatre heures entre les murs du rectorat de Mayotte, dimanche 1er février, dans une chaleur étouffante, à donner des gages aux collectifs de citoyens qui bloquent l'île depuis trois semaines. "Je crois que ces dispositions ont trouvé un accueil très favorable de la part notamment des collectifs", se félicite le ministre de l'Intérieur. 

Le ministre l'Intérieur a promis de leur renvoyer une proposition par écrit d'ici mardi soir sur les mesures engagées. "J'ai cru comprendre que si ce courrier était signé de notre part, les barrages seraient levés", affirme Gérald Darmanin. Il doit voir Emmanuel Macron lundi pour donner un calendrier du futur texte de loi Mayotte, qui comprendra la fin effective du visa territorialisé annoncé dimanche matin. C'était la mesure réclamée par la population mahoraise pour désengorger l'île. Ce visa empêchait ses détenteurs de sortir de l'île. Sur la promesse de réforme du droit du sol, elle sera présentée à l'occasion d'autres réformes constitutionnelles prévues cette année, selon le ministre de l'Intérieur.

"Une violence inouïe"

Pour la députée LIOT de Mayotte, Estelle Youssouffa, il n'y avait plus d'autre choix : "On connaît une violence qui est inouïe, la population n'en peut plus." L'élue estime que la série de mesures annoncée par le ministre répond à "la demande de toute la population, de tous les élus, au-delà de toutes les lignes partisanes à Mayotte."

"Si on n'a pas de sortie par le haut, politique, juridique, avec des modifications constitutionnelles importantes, on va vers un bain de sang à Mayotte."

Estelle Youssouffa, députée LIOT de Mayotte

à franceinfo

Les barrages pourraient donc être levés d'ici mercredi 14 février. Une condition pour le déblocage : la population devra suivre la consigne des leaders des collectifs.

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