A Marseille, à Nantes et à Strasbourg, les taxis protestent contre le lancement d'UberPop

Au lendemain de l'annonce du lancement du service controversé, les taxis ne décolèrent pas et organisent plusieurs manifestations.

Un taxi \"en grève\" à Nantes (Loire-Atlantique), le 8 juin 2015, après l\'annonce du lancement du service UberPop dans cette ville.
Un taxi "en grève" à Nantes (Loire-Atlantique), le 8 juin 2015, après l'annonce du lancement du service UberPop dans cette ville. (GEORGES GOBET / AFP)

Le lancement du service controversé UberPop à Marseille, à Nantes et à Strasbourg provoque le courroux des taxis. Plusieurs opérations sont prévues, mardi 9 juin, dans ces trois villes par les taxis, pour protester contre cette nouvelle concurrence déloyale, selon eux. Ce service, qui permet d'entrer en relation avec des véhicules conduits par des particuliers et de voyager à prix cassé, était déjà disponible à Paris, à Lyon, à Lille (où il a cependant été interdit), à Toulouse, à Bordeaux et à Nice.

L'ouverture de trois nouvelles villes montre qu'"on poursuit sereinement notre croissance en France sur un marché qui a un énorme appétit pour notre produit", a déclaré Alexandre Molla, directeur général expansion d'Uber France. "Sereinement", c'est un bien grand mot puisque les taxis marseillais, nantais et strasbourgeois manifestent mardi contre ces chauffeurs non-professionnels.

A Marseille, le port bloqué et des pneus dégonflés

Mardi matin, les taxis ont bloqué de nombreux axes de circulation dans la cité phocéenne, relève La Provence. D'après le quotidien régional, entre 100 et 120 véhicules sont massés à proximité du port autonome et empêchent les croisièristes de circuler. Dans la matinée, une délégation de chauffeurs a également été reçue par le préfet, qui a décidé via un arrêté de renforcer les contrôles sur la voie publique. 

La veille, les taxis marseillais, particulièrement remontés, ont empêché une réunion de recrutement de chauffeurs UberPop de se tenir dans le 6e arrondissement de la cité phocéenne. Le ton est vite monté et les invectives ont fusé entre les candidats et les taxis, comme le montre ce reportage de La Provence :  


Les professionnels ont aussi tendu un piège à un conducteur Uber, raconte le quotidien régional, avant de dégonfler ses pneus. Un taxi a publié une vidéo sur son compte Facebook pour montrer qu'il n'y avait pas eu d'agression.

A Nantes, opération escargot sur le périphérique

Les taxis nantais se sont donné rendez-vous à 7 heures, mardi, sur le parking du stade de la Beaujoire pour aller ensuite bloquer le périphérique. "On ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas obtenu l'interdiction d'Uber", ont-ils prévenu. Presse Océan partage une vidéo de cette opération escargot :

Lundi, des chauffeurs de taxi ont perturbé une réunion de recrutement de chauffeurs UberPop dans un hôtel de Nantes. "UberPop = travail dissimulé", pouvait-on lire sur des tracts collés par les chauffeurs sur leurs voitures. La mobilisation s'est poursuivie en fin d'après-midi, avec des perturbations notamment aux abords de l'aéroport de Nantes-Atlantique.

A Strasbourg, les taxis comptent sur les autorités

A Strasbourg, les taxis en colère ont appris par les médias le lancement d'UberPop dans leur ville et n'avaient pas eu le temps, lundi, de se concerter sur des actions de protestation, révèlent les DNA. Pour autant, ils n'envisagent pas, eux, de mouvement de blocage ou d'opération escargot.

Ils ont toutefois été reçus à la préfecture du Bas-Rhin, lundi soir, précise France 3 Alsace. Et ont demandé qu'un arrêté interdise les activités d'UberPop. "C'est aux autorités de prendre leurs responsabilités. Nous, nous n'allons pas manifester pour faire appliquer une décision de justice", a déclaré Daniel Guth, président du syndicat autonome des taxis urbains et ruraux du Nord-Est. "On ne va pas bloquer, on ne va pas faire comme certains collègues", affirme Hafid Ahrouillle, président des Taxis 13, en référence aux actions menées à Marseille et à Nantes.