"Tu es le prof que j'aurais aimé avoir" : vos messages à la mémoire de Samuel Paty

A l'occasion de l'hommage national à Samuel Paty, mercredi, nous publions quelques-uns des 1 700 messages de soutien et d'hommage à l'enseignant envoyés par nos lecteurs.

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France Télévisions
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Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie assassiné le 16 octobre 2020.  (VILLE DE CONFLANS SAINTE HONORINE)

La France a rendu hommage à Samuel Paty. Lors d'une cérémonie nationale à la Sorbonne à la mémoire du professeur assassiné, Emmanuel Macron a salué un "professeur que l'on n'oublie pas". Le président a remis la Légion d'honneur à titre posthume à cet enseignant d'histoire-géographie, en présence de sa famille. Samuel Paty, 47 ans, a été décapité le 16 octobre près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.

A l'occasion de cette journée de recueillement, France Télévisions et Radio France vous ont offert la possibilité de laisser vos messages de soutien et d'hommage à l'enseignant, via un formulaire. En voici quelques-uns, parmi les plus de 1 700 hommages reçus.

"Je pense à toi Samuel et je te dédie ce mot"

"Celui qui transmet le savoir est, tel un phare dans la nuit, source de lumière. Cette lumière, teintée d’espoirs, ne peut mourir car sa vigueur est renouvelée à travers ceux qu’elle touche. Samuel Paty est une lumière, une lumière intemporelle, une lumière immortelle... Merci." – Damien Rupied-Haffner, Oppède (Vaucluse)

"Samuel, vous faisiez votre travail... Un fou a décidé au nom d'un soi-disant dieu de vous assassiner. Samuel, vous défendiez le droit de caricaturer, de critiquer... Bref, vous défendiez la liberté. Notre liberté. Samuel, reposez en paix, nous n'avons pas peur. Et nous continuerons pour vous, pour nous, à porter la liberté d'expression ! La liberté de croire, ou pas, la liberté de vivre. Pour vous, Samuel, et pour toutes les victimes de la barbarie terroriste." – Christine Stephan, Loctudy (Finistère)

"Etudiant en histoire et futur professeur, je crois nécessaire de dire que Samuel Paty a simplement fait son métier. Mais ce métier était plus qu'un emploi, c'était une mission au service d'un idéal, celui de la République. Il y avait, dans l'enseignement qu'il a pratiqué contre vents et marées, quelque chose qui touchait à un absolu. L'absolu d'une société tolérante, émancipatrice, qui se fonde sur un socle commun de principes et de valeurs partagés. Etre digne de lui aujourd'hui, c'est être capable, collectivement, de s'élever au niveau de la mission qu'il s'était donnée de remplir avec exigence et dévouement. C'est faire République." – Valentin Morassi, Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)

"Je pense à toi, Samuel, et je te dédie ce mot. Je suis professeur de théâtre au conservatoire dans le département des Yvelines. Mercredi dernier, j'ai demandé à un de mes groupes d'élèves de définir en un mot leurs cinq premières séances de théâtre. Léyss, un enfant de CM2 qui découvre le théâtre, a été le premier à s'exprimer et il m'a dit le mot 'liberté'. Quand j'ai entendu son mot, j'ai su pourquoi j'étais fier d'être professeur depuis tant d'années. [...]

Depuis cinq jours, je suis effondré face à cette nouvelle horreur, je pense à toi, Léyss et à ton mot si précieux auquel je m'accroche, pour ne pas sombrer, je pense à toi, Samuel, je pense à tous les musulmans qui souffrent de voir leur foi souillée par ces tartuffes barbares qui disent agir au nom du même dieu, je pense à tous les élèves et leurs professeurs, au nom de celles et ceux qui sèment la LIBERTÉ et de celles et ceux qui savent la récolter, au nom de L'EGALITÉ et au nom de la FRATERNITÉ. Je pense à toi, Samuel." – Guillaume Segouin, Gennevilliers (Hauts-de-Seine)

"Je prends la plume pour vous dire merci"

"Je prends la plume pour vous dire merci, merci d'avoir été de ceux qui enseignent la République, ses valeurs, son histoire, qui ne reculent pas, d'avoir été un professeur au plus près de ses élèves, et pardon que cette même République n'ait pas su, pu, vous protéger. Aucun mot ne pourra soulager la douleur de votre famille, votre absence. A votre épouse, à votre fils, toutes mes pensées les plus profondes. Merci, monsieur Paty, vous êtes dans l'histoire de France à jamais." – Veronique Peresleni, Caluire-et-Cuire (Rhône)

"De mes lointains souvenirs sur les bancs du collège, l'histoire-géographie a toujours été ma matière de prédilection. Merci Samuel d'avoir incarné la transmission du savoir ainsi qu'une ouverture sur le monde. Je suis convertie à l’islam, et c’est aussi grâce à l'Education nationale, grâce à des professeurs comme vous que j'ai rencontrés durant ma jeunesse que je suis capable d’avoir un regard des plus éclairés sur la façon de pratiquer ma religion. Vous avez été un pont entre nos communautés et en aucun cas un fossé ! Que votre mémoire soit vecteur de vivre-ensemble et non de haine ! C'est notre devoir de mémoire." – Aurélia Gleize, Lyon (Rhône)

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"Aujourd'hui, j'ai les larmes aux yeux en pensant à vous, car à travers vous je pense à tous mes professeurs, tous ceux qui m’ont appris les maths, le français, l’histoire, mais surtout le libre arbitre et le vivre-ensemble. Vous êtes morts en défendant une vision du monde empreinte de bienveillance comme chacun devrait le voir, avec respect, sans animosité, sans communautarisme. Comment ne pas vous rendre hommage, ainsi qu’à tous les enseignants, pour le travail que vous faites en apprenant aux jeunes que le vivre-ensemble, c'est aussi le respect mutuel des valeurs et des convictions, laïques ou religieuses, la curiosité, la critique, l'humilité..." – Laure, Bordeaux (Gironde)

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"J'espère que tu n'as pas eu le temps d'avoir peur"

"Samuel, je ne te connaissais pas personnellement mais dans la profession, on a le tutoiement facile. Depuis vendredi, je pense à ces derniers jours avant le drame où tu as dû tellement souffrir d'être jeté en pâture sur les réseaux sociaux... J'espère que tu n'as pas douté de toi et que tu n'as pas eu le temps d'avoir peur... Je pense à ces derniers instants où le pire est arrivé. J'imagine que tu as dû penser très fort à ta femme et ton fils. Le pays tout entier est avec eux par la pensée aujourd'hui.

Tu n'as rien d'un héros, et j'imagine que tu ne voudrais pas qu'on te traite comme tel. Tu n'as fait que ton métier, avec cœur et conviction. Métier de plus en plus malmené... Merci pour toutes ces consciences que tu auras su éveiller durant ces années au service des élèves. Promis, on tâchera, tant qu'on en a encore l'envie et le courage, de poursuivre la mission qui est la nôtre, du mieux qu'on peut malgré les conditions qui se dégradent d'année en année, dans l'indifférence générale... Et on sera nombreux à le faire en ayant une pensée pour toi. Merci, cher collègue. Adieu Monsieur le Professeur..." – Lysiane Uny, La Possession (La Réunion)

"Tu es le prof que j'aurais aimé avoir, tu as eu le courage que je n'ai pas.
S'il y a un Dieu, quel qu'il soit, qu'il te garde près de lui...
Et s'il n'y a personne, eh bien repose en paix, tu as marqué ton passage sur Terre.
Mes pensées vont à tes proches.
Merci à toi et à tes collègues de porter haut le flambeau de la liberté de penser " – Claude Audebert, Orléans (Loiret)

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